"La civilisation démocratique est entièrement fondée sur l'exactitude de l'information. Si le citoyen n'est pas correctement informé, le vote ne veut rien dire." Jean-François Revel - Extrait d'un Entretien avec Pierre Assouline - Novembre 1988

mardi 18 mars 2014

LE FRONT NATIONAL ACCEPTE LE PRINCIPE ULTRA-EUROPÉISTE DE LA "CITOYENNETÉ EUROPÉENNE"


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LES FAITS : LE FRONT NATIONAL PRÉSENTE PLUS DE 80 « CANDIDATS EUROPÉENS » SUR SES LISTES AUX ÉLECTIONS MUNICIPALES.
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On a appris, ce 17 mars 2014, que Mme Le Pen a décidé de présenter au moins 80 étrangers « européens », dont deux Roumains et une Bulgare, sur les listes Rassemblement Bleu Marine (RBM) soutenues par le Front national aux élections municipales.

Dans plusieurs ce ces listes, des « candidats européens » sont placés assez haut pour envisager un mandat de conseiller municipal : c'est le cas à Evreux (Eure), Vendres (Hérault) et Saint-Maximin (Var), où des citoyens de nationalité belge sont en 2e ou 3e position.

[ Source : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/municipales-des-dizaines-de-candidats-europeens-sur-les-listes-bleu-marine-17-03-2014-3681165.php ]


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COMMENTAIRES
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Cette information est spectaculaire car elle prouve que le FN vient d'accepter l'un des dogmes essentiels de l'européisme, qui postule qu'il y aurait une « citoyenneté européenne ».

  • La rouerie politicarde de Mme Le Pen
Empêtrée dans ses volte-faces et ses mensonges, Mme Le Pen a osé minimiser cette décision en usant d'une pirouette : « À partir du moment où la loi est là, il n'y a pas de raison de ne pas permettre à un certain nombre de personnes d'en profiter. [...] Je pense que cette possibilité sera supprimée à partir du moment où l'UE n'existera plus.»

On notera au passage la rouerie abjecte de cette remarque qui consiste, comme d'habitude chez les politicards véreux, à faire une chose tout en affirmant le contraire :
  • d'une part Mme Le Pen confirme qu'elle a décidé de présenter plus de 80 « candidats européens » aux élections municipales ;
  • mais d'autre part elle fait mine d'en condamner le principe en laissant entendre que l'UE devrait disparaître - ce que, par ailleurs, elle se garde bien de proposer !
Comme manipulation des électeurs, il est difficile de faire plus vicieux. Chapeau !


  • La « citoyenneté européenne » est un principe racialiste
Bien entendu, certains commentateurs des grands médias vont saluer cette décision du FN comme une décision bonne et "moderne". Ils vont stigmatiser ceux qui refusent d'admettre cette « citoyenneté européenne » comme étant des xénophobes attardés.

Or, rien n'est plus faux : car la « citoyenneté européenne » vise justement à séparer les étrangers vivant sur le sol national en deux catégories :
  • d'une part les étrangers « serviettes », c'est-à-dire les ressortissants de l'Union européenne, qui deviennent électeurs et éligibles en France
  • d'autre part les étrangers « torchons », c'est-à-dire les ressortissants de tous les autres pays du monde, auquel ces droits sont refusés.
 Loin d'être un principe moderne et ouvert, cette « citoyenneté européenne » ne peut être perçue que comme un principe ségrégationniste qui ne dit pas son nom.

Comment justifier, en effet, à des travailleurs immigrés algériens, marocains, tunisiens, sénégalais, maliens, vietnamiens, srilankais, malgaches, etc., présents parfois depuis plusieurs décennies en France, qu'ils n'ont pas les mêmes droits que des travailleurs bulgares, polonais, chypriotes ou roumains qui sont parfois arrivés depuis à peine quelques mois ?


  • Une gifle magistrale administrée à Florian Philippot, vice-président du FN, ainsi qu'aux gaullistes et  aux républicains égarés au FN
La décision prise par Mme Le Pen d'avaliser le principe de la « citoyenneté européenne », en nommant plus de 80 « candidats européens » sur les listes du FNl aux élections municipales, représente une gifle magistrale pour un certain nombre d'adhérents gaullistes et républicains égarés au FN, au premier rang desquels le vice-président Florian Philippot.

Le 19 septembre 2012, dans une tribune sur le site Newsring.fr, ce dernier avait en effet réaffirmé que « nationalité et citoyenneté doivent être en toutes circonstances associées. La première brèche à ce principe, celle du Traité de Maastricht accordant un droit de vote aux élections municipales et européennes aux ressortissants communautaires, n'est pas acceptable. »

Que va-t-il faire maintenant ? Avaler son chapeau et accepter ce qu'il décrivait comme « n'étant pas acceptable » ?  
S'il avait une once d'honneur et de rectitude, étant désavoué à 100% sur un problème de principe d'une importance aussi fondamentale que celui-là, M. Philippot claquerait la porte du FN.....


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CONCLUSION : LES ANALYSES DE L'UPR UNE NOUVELLE FOIS CONFIRMÉES : LE FN EST BIEN UN PARTI-LEURRE
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La décision spectaculaire prise par Mme Le Pen d'avaliser le principe de la « citoyenneté européenne » confirme ce que j'ai toujours dit.

À savoir que le Front National est une planche pourrie :
  • a) qui est capable de dire tout et son contraire sur les sujets les plus fondamentaux, 
  • b) qui n'a aucune analyse cohérente sur l'origine des problèmes de la France,
  • c) qui n'est pas du tout hostile au principe de la prétendue « construction européenne », et qui ne décrypte jamais la domination américaine qui se cache derrière,
  • d) qui ne propose, lui aussi, qu'une « autre Europe »,
  • e) et qui, finalement, agit dans la droite ligne du "Choc des civilisations" poussé par les élites euro-atlantistes.

C'est pour cela que le FN est à ce point promu dans tous les grands médias.

Le fait que le FN commette des "dérapages" d'extrême-droite n'est pas du tout gênant pour l'oligarchie, bien au contraire puisque - nous venons de le voir avec les événements en Ukraine -, les élites euro-atlantistes comptent désormais de plus en plus sur les mouvements d'extrême-droite comme forces d'appoint pour tenter de maintenir leur domination dans le cadre de coalitions où ils seront minoritaires.

Du reste, le FN avait passé en 2009 un accord avec le mouvement néo-nazi Svoboda, désormais dans la coalition au pouvoir à Kiev par la volonté des Américains. Mme Le Pen a fait mine de dénoncer récemment cet accord, mais elle l'a fait au moment même où elle passait des accords avec des mouvements du même acabit, comme la Ligue du Nord en Italie, le Vlaams Belang en Belgique ou le FPÖ en Autriche. Il est important de noter que tous ces partis sont, eux aussi, non pas hostiles au principe de la « construction européenne » mais favorables à Washington et à une Europe conçue comme "Choc des civilisations".

La décision spectaculaire prise par Mme Le Pen d'avaliser le principe de la « citoyenneté européenne » constitue donc probablement un nouveau pas, mûrement réfléchi, dans le processus visant à faire apparaître des alliances entre ce "nouveau FN" et la frange droitière de l'UMP. Cela pourrait intervenir par exemple dès les deuxième et "troisième" tour (élection des maires) des prochaines élections municipales.

Ainsi, les électeurs du Front National, qui croient naïvement que le FN veut sortir la France de l'Union européenne, de l'euro et de l'OTAN, n'auront alors plus que leurs yeux pour pleurer lorsqu'ils découvriront à quel point ils se sont fait avoir.


François ASSELINEAU

17 mars 2014


lundi 17 mars 2014

Échec et mat : Les protestations de Washington et de l’UE contre le référendum en Crimée sont indécentes et pathétiques

La journée du 16 mars 2014 a été marquée par la tenue sans encombres du référendum en Crimée. Environ 1,515 million d'électeurs étaient invités à choisir entre deux options :
  • "Souhaitez-vous le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie en qualité de sujet fédéral ?"
  • ou "Êtes-vous pour le rétablissement de la Constitution de la République de Crimée de 1992 et du statut de la Crimée au sein de l'Ukraine ?".
Cette question double - passée sous silence par les grands médias occidentaux - faisait référence à une série de faits méconnus par nos concitoyens et qui sont pourtant d'une grande importance pour bien comprendre la situation dans sa globalité.
À savoir :
  • a) - que la Crimée, qui était russe depuis la Grande Catherine au XVIIIe siècle, avait été donnée par la République Socialiste Soviétique de Russie à la République Socialiste Soviétique d'Ukraine en 1954 par une décision de Khrouchtchev ;
  • b) - qu'après le démantèlement de l'URSS en 1991, la Crimée était restée au sein de la nouvelle Ukraine indépendante, mais y avait reçu le statut de république autonome. Conformément à sa première Constitution de 1992, la Crimée définissait ses relations avec l'État ukrainien sur la base d'accords bilatéraux.
  • c) - que la Rada suprême (parlement ukrainien) avait aboli en mars 1995 la Constitution de 1992, supprimant ainsi de facto l'autonomie de la Crimée.
Les résultats du référendum montrent que le rattachement à la Russie a fait l'objet d'un raz-de-marée, avec 96,6 % des votants en sa faveur et 83,71% de participation, conformément d'ailleurs à ce que tous les observateurs et spécialistes de la région anticipaient.

Ce sont ainsi 80% des électeurs inscrits en Crimée qui ont fait la démarche active d'aller voter en faveur du rattachement de la Crimée à la Russie, et cela alors même que certaines organisations tatares avaient appelé à l'abstention.

Ce résultat attendu - qui semble avoir été obtenu dans des conditions électorales non sujettes à caution - a suscité une réaction immédiate de la Maison Blanche. Le porte-parole de l'exécutif américain Jay Carney a indiqué dans un communiqué que les États-Unis « rejettent ce référendum qui a eu lieu aujourd'hui », qui « était contraire à la Constitution ukrainienne, et organisé sous des menaces de violences de la part de la Russie. »

Cette déclaration officielle de la présidence des États-Unis est l'occasion de rappeler quelle fut l'attitude de Washington dans des cas semblables antérieurs.
Je ne rappellerai pas ici les cas du démantèlement de la Yougoslavie, et notamment de l'indépendance du Kosovo, car ils sont assez bien synthétisés dans un article récent publié sur le site du Huffington Post. Je me contente donc d'y renvoyer les lecteurs : http://www.huffingtonpost.fr/2014/03/16/referendum-crimee-histoire_n_4950521.html

En revanche, je crois utile de rappeler ici ce que fut l'attitude de Washington dans l'affaire - d'ailleurs bien plus récente - du référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan, organisé en janvier 2011, voici 3 ans.
Ce rappel est d'autant plus intéressant à faire que John Kerry, à l'époque Sénateur démocrate du Massachusetts et président la Commission des affaires étrangères du Sénat, était sur le devant de la scène pour apporter tout le soutien des États-Unis au... référendum organisé dans la seule province sécessionniste du Sud-Soudan.
  • Janvier 2011 : JOHN KERRY APPORTE TOUT LE SOUTIEN DES ÉTATS-UNIS AU RÉFÉRENDUM SUR LA SÉCESSION DU SUD-SOUDAN DU SOUDAN
Ce soutien américain au référendum des sécessionnistes du Sud-Soudan a été bien retracé dans le reportage consacré par le très sérieux journal américain "Boston Globe" au voyage de John Kerry au Sud-Soudan en janvier 2011, que je présente ci-après :
[Attention ! La traduction de l'article américain a été faite par mes soins et je la présente donc avec les réserves d'usage. Je renvoie le lecteur intéressé au texte original : http://www.boston.com/news/world/africa/articles/2011/01/10/kerry_hails_peaceful_independence_vote_in_southern_sudan]



Kerry salue le vote pacifique pour l'indépendance du Sud-Soudan

— Article du Boston Globe du 10 janvier 2011 —

Le sénateur John Kerry, qui a travaillé pendant des mois pour empêcher qu’éclate une nouvelle guerre civile au Soudan, est allé dans le sud du Soudan constater les files de millions de personnes attendant de voter pour la création d'un pays indépendant, dans le cadre d’un référendum largement pacifique - et historique.

Kerry, qui préside la Commission des affaires étrangères du Sénat, a déclaré dans d'un entretien téléphonique qu’« être présent à la naissance potentielle d'une nation et voir l'exubérance, l'émotion et la gratitude des gens du terrain, c'est très spécial ». « Vous ne pouvez pas m'empêcher d'être touché par cela. Cela m'a rendu fier de ce que notre pays a fait pour que cela se produise. »

Le démocrate du Massachusetts a voyagé trois fois au Soudan depuis octobre, relayant les messages soigneusement formulés de l'administration du président Obama visant à conjurer une nouvelle flambée de violence. Un conflit vieux de plusieurs décennies entre le nord et le sud a déjà coûté la vie à près de 2 millions de personnes.

Jusqu'à présent, il semble que les efforts de Kerry - avec le travail d'autres émissaires venus des États-Unis, d’Europe et d’Afrique - ont marché. Malgré quelques escarmouches dans la ville frontalière d'Abyei, les terribles mises en garde sur une possible explosion des tensions ethniques semblent avoir été exagérées.

Le référendum prévu pour durer une semaine a commencé, malgré les affirmations de certains analystes sur son insuffisance de préparation.
« Ils ont eu tout faux » a déclaré Kerry par téléphone depuis Jérusalem, où il s'est arrêté pour dîner avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, sur son chemin de retour à Washington.


Une grande partie des efforts de Kerry au Soudan ont porté sur la présentation de mesures incitatives offertes par l'administration Obama aux dirigeants arabes du nord ; lesquelles comportent le retrait de l'État soudanais de la liste des États soutenant le terrorisme, afin de les encourager à accepter la perte d'un tiers de leur territoire et une partie importante de leur pétrole. Hier, Kerry envisageait avec optimisme que la possibilité de reprise de la guerre ait été évitée.
« Je pense que le jugement fondamental à la fois du Nord et du Sud est que la guerre ne profitera à aucun des deux » a-t-il dit. Mais il a reconnu que des questions épineuses demeurent, comme la délimitation des frontières, la fixation des critères de citoyenneté, et le partage des revenus du pétrole.
« Il y a des risques de malentendu, d’erreurs, de mauvaises politiques », a-t-il dit.

Kerry a dit que le succès du référendum dans le sud est en mesure de changer la dynamique de toute la région déchirée par la guerre, de même qu’au Darfour, cette région de l'ouest du Soudan où une insurrection séparatiste contre Khartoum a été écrasée par les milices arabes, soutenues par le gouvernement qui a lancé des campagnes d'extermination largement assimilables à un génocide.

Il a déclaré que le vote pacifique dans le sud pourrait renforcer la paix au Darfour, donner un élan aux négociations de paix, et aider la communauté internationale à isoler ceux qui traînent les pieds pour signer un accord de paix.
« Je crois que le Darfour peut être résolu », a déclaré Kerry, qui s'est rendu dans la région troublée vendredi.

Hier, Kerry a souligné ce moment historique dans un discours où il a cité les Saintes Écritures dans la cathédrale bondée de Juba, capitale du Sud-Soudan, cette région de la taille du Texas qui est en passe de devenir le plus jeune pays du monde.
« En tant que catholique et personne de foi, et en tant que personne impliquée dans la vie publique, je ne peux pas m'empêcher de penser à la pertinence de ce qui nous amène ici , à ce lieu de culte, et ce qui nous amène à relever le défi de la construction d'une nation » a-t-il lancé devant la foule toute entière debout.

Kerry est arrivé au Soudan mardi et a passé deux jours avec les dirigeants de Khartoum, la capitale du nord essentiellement arabe, qui a essayé d'imposer la loi islamique sur le Sud principalement chrétien et animiste. Toujours diplomate, Kerry a rendu hier hommage aux dirigeants du nord, en déclarant : « Dans une certaine mesure, le nord a su rester à l’écart du chemin critique ».

Hier matin, Kerry a visité le mausolée de John Garang, le chef rebelle du sud qui avait développé un projet démocratique pour le Soudan et qui fut tué dans un accident d'avion en 2005, à Juba. Puis il a visité les bureaux de vote, et parlé aux gens qui avaient fait la queue toute la nuit pour voter. À la cathédrale Kator, il s'est assis à côté de Salva Kiir, le président du Sud-Soudan, et lui a donné un chapeau de cow-boy.
« Bonne chance à vous tous et bon vent sur le voyage à venir » a-t-il dit à l'auditoire.

 
  • Mars 2014 : JOHN KERRY ANNONCE QUE LES ÉTATS-UNIS CONDAMNENT LE RÉFÉRENDUM SUR LA SÉCESSION DE LA CRIMÉE DE L'UKRAINE, ET QU'ILS N'EN RECONNAÎTRONT PAS LES RÉSULTATS
Trois ans après, le changement de posture du Tartuffe John Kerry - devenu secrétaire d'État américain entretemps - est complet.
Il ne s'agit plus du Sud-Soudan mais de la Crimée. Mais il s'agit, dans un cas comme dans l'autre, d'un référendum sécessionniste décidé par une partie du territoire d'un État souverain contre la volonté de ses autorités centrales.

Or, cette fois-ci, cette procédure, que John Kerry approuvait si hautement « en tant que catholique et personne de foi, et en tant que personne impliquée dans la vie publique » dans la cathédrale de Jouba lorsqu'elle survenait au Sud-Soudan, ne trouve soudain plus du tout grâce à ses yeux.
Vendredi 14 mars, il a en effet précisé publiquement depuis Londres, où il rencontrait le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov, que :
« les États-Unis qualifient d'illégitime le référendum sur le statut politique de la république ukrainienne de Crimée prévu pour le 16 mars et promettent de sanctionner la Russie en cas de tenue.
Les États-Unis ont une position claire concernant ce référendum : nous considérons qu'il est contraire à la Constitution, aux normes internationales et qu'il est illégitime. Nous ne reconnaîtrons pas les résultats du référendum. »



Arrêtons-nous un instant sur ces deux affirmations, qui rendraient « illégitime » le référendum en Crimée :
  • a) Le référendum en Crimée serait « contraire aux normes internationales » ?
Venant de Washington, cet argument est aussi risible qu'odieux d'hypocrisie.
  • En quoi le référendum d'indépendance au Kosovo (indépendance ardemment soutenue par Washington) - province serbe que la moitié des États de la planète continuent de refuser de reconnaître diplomatiquement - était-il davantage compatible avec les « normes internationales » ?
  • En quoi la guerre en Irak, décidée par Washington en 2003 sans l'accord du Conseil de Sécurité des Nations-unies, et sur le motif mensonger de la détention d'armes de destruction massive par Saddam Hussein, était-elle davantage compatible avec les « normes internationales » ?
  • En quoi la détention de prisonniers dans la prison américaine de Guantanamo, sans jugement depuis 12 ans, est-elle davantage compatible avec les « normes internationales » ?
  • En quoi l'espionnage généralisé du monde entier, que ce soit les gouvernements et leurs administrations ou des centaines de millions d'êtres humains, est-il davantage compatible avec les « normes internationales » ?
  • Etc.
  • b) Le référendum en Crimée serait « contraire à la Constitution [ukrainienne] » ?
     
Là aussi, l'argument de Washington est d'une hypocrisie révoltante.
Rappelons que le coup d'État organisé à Kiev par Washington, avec les activistes néo-nazis de Svoboda et de Pravy Sektor, était totalement inconstitutionnel. Le renversement du président ukrainien Viktor Ianoukovich a violé l'article 111 de la Constitution ukrainienne, qui prévoit que la Cour Constitutionnelle doit se prononcer sur les accusations de haute trahison. En outre, la majorité des 3/4 est requise.

En vertu de quoi les dirigeants de Washington - qui ont violé au passage le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d'un autre État posé par l'article 2 de la Charte des Nations-unies - peuvent-ils avoir l'audace de demander aux autorités de la Crimée de se conformer à des règles de droit constitutionnel qu'ils ont eux-mêmes pris l'initiative de piétiner ?

 

LE "2 POIDS - 2 MESURES" DE WASHINGTON ET DE L'UE N'EST FONDÉ QUE SUR LE CYNISME ET L'HYPOCRISIE


Bien entendu, le "2 poids 2 mesures" de John Kerry sur le référendum au Sud-Soudan et sur le référendum en Crimée a des explications. Des explications où les intérêts géopolitiques les plus cyniques prennent évidemment le pas sur les leçons de morale odieuses derrière lesquelles elles tentent de se dissimuler.

  • S'agissant du Sud-Soudan, Washington voulait absolument obtenir la partition du Soudan, le plus grand pays d'Afrique, depuis que le régime d'Omar El-Bechir s'était proclamé islamiste et représentait une menace potentielle pour la sécurité d'Israël, à la manœuvre derrière (Ce n'est pas un hasard si l'article du Boston Globe, rapporté ci-dessus, souligne que John Kerry était revenu du Sud-Soudan en passant par Jérusalem). À cette stratégie régionale s’ajoutait un intérêt énergétique majeur puisque la partition du Soudan permettait au nouvel État du Sud-Soudan d'hériter d'environ 70%, des gisements de pétrole. Comme ce nouvel État ne devait sa naissance qu'à la volonté américaine, le calcul de Washington était de mettre la main sur cette manne pétrolière.

On notera au passage que les prophéties idylliques faites par John Kerry en 2011 au Sud-Soudan se sont transformées en sinistre cauchemar.

Trois ans après, le Sud-Soudan est en train de sombrer dans la guerre civile et le désastre total. Depuis la mi-décembre 2013, des centaines de personnes ont été tuées dans les combats qui opposent la rébellion de l'ancien vice-président Riek Machar, limogé en juillet, et l’armée sud-soudanaise et des dizaines de milliers de civils ont fui les violences.


Un désastre récent et peu connu de la diplomatie américaine. Comme le titre cet article du Monde du 20 décembre 2013, « Le Soudan du Sud est au bord de la guerre civile ». C'est une bonne illustration de ce que valent les prophéties lyriques et les leçons de morale de Washington, qui ne recouvrent généralement que des calculs du cynisme le plus sordide.
 
 
  • S'agissant de l'Ukraine et de la Crimée, Washington veut poursuivre sa stratégie d'encerclement de la Russie que j'ai maintes fois expliquée dans mes conférences et qui est expliquée sans ambages dans le livre de Zbigniew Brzezinski intitulé Le Grand Échiquier.

Les dirigeants américains voulaient absolument préserver l'unité de l'Ukraine - et s'indignent ici de l'idée d'une partition, qu'ils ont au contraire organisée au Soudan ! - dans l'espoir qu'une Ukraine unifiée, entrée dans l'UE et dans l'OTAN, finirait par chasser la Russie de la Crimée. Ce qui serait revenu à priver à terme la flotte militaire russe de facilités stratégiques et d'installations essentielles puisque le port de Sébastopol constitue le seul accès maritime de la Russie aux mers chaudes.

 

CONCLUSION : LE RÉFÉRENDUM EN CRIMÉE EST UN NOUVEAU SIGNE DU DÉCLIN RELATIF DE LA TOUTE PUISSANCE AMÉRICAINE (ET DE L'UE)


En fait, le référendum en Crimée - et l'annonce immédiate du rattachement effectif de la Crimée à la Russie dès lundi 17 mars - témoigne à la fois du triomphe de la diplomatie russe et de l'échec cinglant des plans mirobolants édifiés par les demi-dingues du Pentagone et du Département d'État américain.

Bien entendu, Washington a laissé entendre, dès les résultats connus, que l'on allait voir ce que l'on allait voir. Et ses satellites otanisés, ligotés dans la prétendue « construction européenne », ont poussé des cris d'orfraie impuissants, à la manière d'un sérail d'eunuques tombant en pâmoison devant une maladie de leur maître.

Tout ce petit monde nous annonce des mesures de rétorsion à grand son de trompe. Mais la montagne a de bonnes chances d'accoucher d'une souris, tant les mesures de contre-rétorsion russes qu'elles provoqueraient risqueraient d'avoir un impact bien plus fort contre une Europe déjà en pleine débandade. Et cela d'autant plus que le score de 95% de votants en faveur du rattachement à la Russie, doublé d'une forte participation, sont quand même des données du monde réel qu'il est difficile de passer par pertes et profits...

En bref, le masque est en train de tomber : l'Occident, complètement dominé par une oligarchie atlantiste demi-folle et plombé par une crise économique, sociale, financière et morale sans précédent, a joué. Et l'Occident a perdu. Échec et mat.
Les protestations de Washington et de ses larbins européistes contre le référendum en Crimée sont a la fois indécentes - par leur cynisme et leur hypocrisie -, et pathétiques, par la fureur impuissante qu'elles trahissent.

C'est un nouveau symptôme du déclin relatif - mais irrésistible - de la toute puissance américaine.

François ASSELINEAU

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l'article sur agora vox >>> http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/echec-et-mat-les-protestations-de-149430


Ukraine et troisième guerre mondiale : l’échec du leadership allemand – Paul Craig Roberts

Merkel la marionnette


Washington, favorisé par ses marionnettes conciliantes mais stupides de l’, pousse la situation en Ukraine un peu plus près de la guerre.

La Chancelière allemande Merkel a laissé tomber son pays, l’Europe et la paix mondiale. L’ est la force de l’Europe et de l’OTAN. Si Merkel avait dit « Non » aux sanctions contre la , cela aurait été la fin de cette crise que fomente Washington, une crise qui ne se terminera probablement pas sauf dans la guerre. Mais Merkel a renoncé par écrit à la souveraineté de la nation allemande et délégué le sort de l’Allemagne à une province de l’Empire américain. C’est ainsi que Merkel et son commandement allemand affaibli ont livré le monde à la guerre. Déjà responsable de la Première et de la Seconde Guerre mondiales, l’Allemagne sera responsable de la Troisième Guerre mondiale.

Le coup d’Etat ukrainien mal géré de Washington lui a coûté la Crimée, que Washington voulait par-dessus tout, afin de priver la Russie de sa base navale en eaux tempérées dans la Mer Noire. De plus, le renversement mal géré d’un gouvernement élu en Ukraine menace également de perdre les villes russes de l’Ukraine orientale. Comme la Crimée, l’Ukraine orientale est constituée d’anciennes régions russes que Khrouchtchev a collées dans l’Ukraine dans les années 1950.

Dans ce qui est manifestement un effort inutile et vain de récupérer la Crimée, Washington exige que la Russie interfère en Crimée et l’empêche de faire sécession avec l’Ukraine. Si le gouvernement russe refuse de suivre les ordres de Washington, cette dernière a annoncé qu’elle infligera des « sanctions préjudiciables » à la Russie. Initialement, les pays européens avaient exprimé leur réticence à suivre Washington, mais avec des pots de vin et des menaces, Washington a conquis Merkel et obtenu que ses marionnettes européennes s’alignent pour suivre les ordres.

Washington comprend que les sanctions économiques sont une menace bien plus douce pour la Russie que la perte de sa base navale dans la Mer Noire. Washington comprend également que Poutine ne peut abandonner les millions de Russes à l’Est et dans le Sud-Est de l’Ukraine, livrés à la merci d’un gouvernement anti-russe non-élu imposé par Washington à Kiev. Puisque Washington sait que sa menace de sanctions est creuse, pourquoi ont-elles été lancées ?

La réponse est : afin de conduire cette crise à la guerre. Cela fait longtemps que les nazis néoconservateurs de Washington s’agitent en vue d’une guerre contre la Russie. Ils veulent supprimer l’une des trois restrictions restantes (la Russie, l’Iran et la Chine) à l’hégémonie mondiale de Washington.

Washington veut casser les (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) avant que ces pays ne forment un bloc monétaire séparé pour éviter d’avoir à utiliser le dollar américain.

La Russie ripostera à sa manière aux sanctions de Washington. Les peuples européens, les et les entreprises occidentales subiront des pertes. Il faudrait au moins deux ou trois ans pour que Washington mette en place les moyens d’approvisionner l’Europe en gaz naturel américain, obtenu par la fracturation hydraulique et au moyen de la contamination des nappes phréatiques américaines, pour remplacer la réduction de l’approvisionnement énergétique de la Russie vers l’Europe.

Les médias gigolos occidentaux dramatiseront la riposte russe aux sanctions et diaboliseront la Russie, tout en ignorant qui a entamé le combat, aidant ainsi Washington à préparer les Américains à la guerre. Alors qu’aucun des deux camps ne peut se permettre de perdre la guerre, les seront utilisées. Il n’y aura aucun vainqueur.

Tout cela est parfaitement clair, exactement comme l’était la conclusion évidente de la marche des évènements qui ont conduit à la Première Guerre mondiale. A présent, comme à l’époque, les gens qui voient cette issue arriver sont impuissants pour la stopper. Les illusions règnent en maître. L’ et la prétention démesurée débordent. Les déclarations et les actes deviennent de plus en plus imprudents, et ensuite il y aura l’enfer pour toute rémunération.

Les Américains et les Européens, s’ils avaient la moindre conscience, descendraient violemment dans la rue pour protester contre la guerre à venir vers laquelle les criminels démentiels de Washington conduisent le monde.

Au lieu de cela, la Chancelière allemande, le Président français, le Premier ministre britannique et les médias prostitués occidentaux continuent de mentir : Il était légitime que l’Ouest vole le à la Serbie et vole le gouvernement ukrainien, mais il n’est pas légitime pour la population russe de Crimée d’exercer son droit à l’autodétermination et retourner dans le giron de la Russie. Washington et ses marionnettes européennes ont même l’audace de déclarer faussement, après avoir renversé un gouvernement élu en Ukraine et en avoir installé un non-élu, que l’autodétermination de la Crimée viole la constitution ukrainienne, qui n’existe plus car Washington l’a détruite.

Le gouvernement et démentiel à Washington a poussé l’ours russe dans une impasse. L’ours ne se rendra pas.

Paul Craig Roberts a été vice-ministre des Finances sous Reagan, il a été chroniqueur et rédacteur en chef au Wall Street Journal.



Traduction : [JFG-QuestionsCritiques]
http://questionscritiques.free.fr/edito/CP/Paul_Craig_Roberts/Merkel_troisieme_guerre_mondiale__OTAN_Ukraine_Russie_150314.htm



dimanche 16 mars 2014

Pourquoi les idées de 1789 sont elles perpétuellement attaquées ?


Nous assistons en ce moment à des attaques venant de tous horizons contre les idées qui ont présidé à la Révolution Française de 1789, attaques provenant également malheureusement de ceux se réclamant bruyamment des luttes sociales.

Pourquoi ces attaques aujourd'hui inhabituelles ? La réponse se trouve dans l'accélération de la dégénérescence du système, dans l'accroissement des mécontentements et en corollaire de la multiplication des tentatives de détournement du mouvement social sur des voies de garage. Un certain nombre d'intellectuels se sont ainsi lancés dans la grande bataille du dénigrement de 1789 et de la période historique précédente dite « des lumières » contribuant ainsi à dénaturer l'idée républicaine et à freiner le nouveau processus émancipateur en émergence ; irresponsabilité, méconnaissance historique ou travail de commande ?

L'idée républicaine française avec l'apport de la laïcité est évidemment intolérable pour les puissances financières et militaires qui dominent le monde car elle assure la primauté de la nation sur le tyran et de la loi sur l'arbitraire. Pour ces puissances et leurs différentes marionnettes il convient d'une part, de vider ces idées fondatrices de notre nation de tout sens mais également d’œuvrer à leur déconsidération.

Le Réseau Voltaire France ou International possède pour objet, inscrit dans ses statuts, de défendre les principes qui ont présidé à la révolution française de 1789, principes résumés par la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.


La défense perpétuelle du concept républicain révolutionnaire français a conduit naturellement le Réseau Voltaire vers la lutte acharnée contre l'impérialisme. Ainsi, le Réseau Voltaire fut historiquement le premier mouvement dissident contestant la mainmise de l'impérialisme anglo-saxon sur le monde après l'effondrement de l'URSS et du mouvement communiste international.

Le Réseau Voltaire agit en défendant ce qui est issu des principes républicains français, c'est à dire le respect du droit international et de la souveraineté des nations acceptés par tous, mais violés par l'impérialisme au nom d'un pseudo droit d'ingérence qu'il s'est lui même attribué. Cependant, l'impérialisme est bien obligé de faire attention à ce que ce pseudo droit d'ingérence puisse avoir la couleur de la légalité.

La légalité.


 Montesqiueu

La légalité est bien le maître mot, les principes légaux furent magistralement édictés par Montesquieu considéré à juste titre comme le père fondateur des idées qui seront reprises par les dirigeants révolutionnaires de 1789. L'autre corpus d'idées fondamentales provient de Jean Jacques Rousseau qui édicta lui un certain nombre de principes concernant la souveraineté du peuple et de la nation comme le rappelle l'article 3 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Quand à Voltaire, son héritage ne concerne que la liberté d'expression et il est moins fondamental que l'apport de Montesquieu et Rousseau.


La souveraineté et le contrat social.




 Rousseau




Peut on dire que cet apport révolutionnaire provient de la philosophie dite des «Lumières» ?http://fr.wikipedia.org/wiki/LumiC3%A8res_%28philosophie%29

D'abord ce que l'on appelle « les Lumières » n'est pas un mouvement philosophique typiquement français, il concerne l'ensemble du monde occidental de l'Europe et de l'Amérique, l'objectif de ce mouvement se voulant progressiste n'est pas à proprement parlé révolutionnaire. On attribue d'ailleurs à ce mouvement philosophique dit des lumières une vertu bien surdimensionnée par rapport aux différents mouvements intellectuels ayant marqué l'Europe occidentale et la France. Par exemple, le mouvement philosophique parisien du 12ème siècle dit scolastique initié par Pierre Abélard eu des conséquences historiques bien plus importantes et pourtant méconnues.

Les idées de Montesquieu et Rousseau peuvent elles être rattachées à ce mouvement dit des "lumières" ?

Oui mais seulement en appendice, ces idées ne sont certainement pas  le cœur des « lumières ».

Les idées de Montesquieu et Rousseau sont elles à l'origine de la révolution française de 1789 ?

Certainement non, les parisiens qui ont pris la bastille n'avaient pas pour la plus part lu ces auteurs.
Cependant ces idées accaparées par un certain nombre de dirigeants révolutionnaires ont permis de donner une ossature statutaire à la révolution française notamment par la rédaction de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen mis en annexe des statuts et de l'association Réseau Voltaire France.


Le peuple supporte le clergé et la noblesse


On peut dire sans se tromper que ces idées de primauté de la loi ,égale pour tous, et de souveraineté de la nation étaient largement dans l'air et que, si Montesquieu et Rousseau n'avaient pas existé, elles auraient vu le jour chez d'autres auteurs.
Le peuple français, à la fin du 18ème siècle était exaspéré; la noblesse s'était largement déconsidérée depuis un siècle avec ses exorbitants privilèges n'étant justifiés par rien d'autre qu'une naissance, cela paraissait absurde pour la masse du peuple qui en plus souffrait de misère et de famines récurrentes.
Déjà Louis XIV à la fin de son règne était particulièrement impopulaire son catafalque allant de Paris à Saint Denis fut couvert de crachats et d’immondices. Les dragonnades particulières à ce règne c'est à dire les exactions de militaires tournées contre le peuple ont laissé des traces jusque dans le langage d'aujourd'hui. Puis ce 18ème siècle a vu se développer plusieurs scandales défrayant la chronique, la noblesse oisive et parasite n'était plus respectée et son pouvoir était injustifié.


La révolution française ne fut elle accomplie qu'au seul bénéfice des bourgeois, compris comme possesseurs de moyens de production. ?

Ici nous devons faire face à la critique marxiste de « révolution bourgeoise ».
La révolution française de 1789 fut accomplie par le peuple français; bourgeois et prolétaires compris, l'objectif était avant tout l'abolition des privilèges, l'égalité devant la loi et la souveraineté de la nation remplaçant celle d'un monarque de droit divin.
Ces objectifs se suffisaient à eux seuls, ils étaient à cette époque révolutionnaires et le demeurent encore. L'abolition des privilèges la nuit du 4 août 1789 fut un moment crucial pour cette révolution.

La révolution française édicta un certain nombre de principes permettant à une nation de composer un intérêt général national c'est à dire un système ou s’élabore en permanence un compromis entre les intérêts divers, compromis scellant un contrat social, ce contrat social pouvant évoluer en permanence suivant en cela la lutte des classes.
La révolution française n'était en rien une révolution socialiste, les principes du socialisme suite aux travaux plus tard de Karl Marx, furent essentiellement édictés par Lénine, ces principes nient absolument qu'il puisse exister un intérêt général mais cherchent à établir la dictature d'une classe sur l'autre en l’occurrence celle du prolétariat sur la bourgeoisie afin d'éteindre à terme la lutte des classes et comme d'après la doxa marxiste la lutte des classe est le moteur de l'histoire on aboutirait à la fin de l'histoire.
Ceci est une formidable utopie d'ailleurs partagée aujourd'hui par l'impérialisme (Francis Fukuyama).

Les principes du socialisme dit « scientifiques » sont contradictoires d'avec les principes républicains. Ces principes appliqués en URSS et dans d'autres pays sous dépendance soviétique n'ont rien donné d'autre que de la misère en supprimant toute initiative et justement toute lutte de classe pouvant assurer un quelconque dynamisme social.

Révolution républicaine et révolution socialiste sont profondément contradictoires. La révolution française ne fut pas égalitariste, mais devait assurer l'égalité des citoyens devant la loi et organiser pour chacun la liberté. La liberté des uns s'arrête là ou commence celle des autres comme l'a écrit Jean Jacques Rousseau. Cette liberté doit s'organiser par le respect de la loi tout en laissant à chacun la liberté d'entreprendre et d'avoir une activité économique ou culturelle encadrée cette loi.

La révolution française fut elle une révolution « libérale » ?

Il faut d'abord s'entendre sur ce terme mis à toutes les sauces. Aujourd'hui les gauchistes ont réussi à faire accepter ce terme comme synonyme de capitalisme ce qui est étymologiquement faux et permet de brouiller le débat. Le capitalisme est l'action d'accumuler du capital, l'idéologie politique libérale est d'accorder le maximum de liberté au maximum d'individus, on voit que ces deux termes n'ont rien à voir entre eux. Le capitalisme qui tend naturellement vers le monopolisme, l'étatisme et l'impérialisme ne peut tendre qu'à restreindre les libertés et donc a être parfaitement contradictoire d'avec le libéralisme.
Les gauchistes adversaires résolus des libertés individuelles ont réussi avec cette confusion à prétendre que la liberté, valeur positive serait identique au capitalisme, valeur négative et qu'il conviendrait donc de restreindre les libertés individuelles pour assurer une égalité d'état entre les individus. Seule, une société totalitaire peut prétendre assurer une liberté d'état égalitaire entre les individus et on en revient à la grande utopie de la fin de l'histoire partagée à la fois par les marxistes et l'impérialisme.

La révolution républicaine s'oppose à ces deux monstruosités car elle permet à chaque individu d'avoir sa propre liberté de création, d'association, de coalition dans tous les domaines sociaux culturels et économiques assurant ainsi un progrès social. Ce dynamisme perpétuel, générant une enthalpie sociale ordonnatrice s'oppose à l'entropie dégénérative qui fut visible avec le socialisme réel soviétique et maintenant avec l'impérialisme en stade ultime.

Les idées de la révolution française définissent ainsi un libéralisme politique s'opposant au libéralisme économique anglo-saxon ou « free trade ». L'un le libéralisme économique établissant une pseudo loi naturelle entre offre et demande s'oppose à la loi formelle républicaine identique pour tous protégeant les libertés individuelles des citoyens et assurant le développement d'une économie au service de la nation et de l'intérêt général et non au service d'intérêts particuliers pouvant s'y opposer.

Encore une objection courante ; certains auteurs reliés aux « Lumières » comme Voltaire et Rousseau furent des salauds dans leur vie privée, il est inutile de rentrer dans le détail car il y a à différencier trois choses bien distinctes : le jugement que chacun peut porter sur la vie privée de ces hommes d'après ses propres critères moraux, leurs écrits avec les concepts qu'ils ont pu générer et enfin ce qu'en ont fait les promoteurs de la révolution française après leur mort, ces auteurs n'ayant jamais été des dirigeants révolutionnaires.
Seul le troisième cas est intéressant pour les républicains, quand une idéologie devient une pratique sociales révolutionnaire les auteurs des écrits permettant l’émergence de cette idéologie ne peuvent que s'effacer, la révolution populaire qui en est issue ne leur appartenant pas.


Les idées de 1789 sont elles maçonniques ?

La Franc-maçonnerie au 18ème siècle a permis à certains opposants à la tyrannie de droit divin de se rencontrer et d'échanger des idées clandestinement dans certaines loges maçonniques et ce à l’abri de la police royale. La franc-maçonnerie divisées en obédiences et loges diverses et variées a supporté de multiples idées très souvent contradictoires. Il est vrai que beaucoup des dirigeants révolutionnaires étaient franc-maçons, mais ou est le problème ? Il n'y a pas d'idéologie proprement maçonnique, les franc-maçons républicains français ne professant pas du tout les mêmes idées que les franc-maçons anglo-saxons.
Ce qui importe ce sont les idées républicaines et non ceux qui les supportent ou font mine de les supporter.


Quel est le poids de la révolution française dans le monde ?

Ce poids est énorme et l'on peut parler d'idéologie française. Cette idéologie fondée sur la légalité, la nation ensemble exhaustif des citoyens, l'appartenance formelle et légale à une nation définissant une nationalité, un droit international fondé sur la reconnaissance mutuelle, l'esprit des lois formelles, tout ce qui n'est pas interdit par la loi est permis.
Toutes les nations aujourd'hui sans exclusives existent selon les principes français de la révolution de 1789. La Société des Nation puis Organisation des Nations Unies avec sa charte qui s'oppose à l'ingérence sont également issues de l'idéologie française.
Seuls aujourd'hui les anglo-saxons continuent à s'opposer à cette idéologie en définissant une nation en dehors de son aspect formel et en gardant l'ancienne définition anté-révolutionnaire de communauté de langue de culture et d'histoire. Cette définition archaïque de la nation permet toutes les interprétations sur l'appartenance puisque celles-ci sont particulièrement subjectives, elle permet ainsi de flatter de pseudo identités fondées sur des critères multiples et ridicules comme les tabous alimentaires ou la religion. Cette définition archaïque et anglo-saxonne de la nation permet à l'impérialisme de vouloir procéder à la balkanisation des états-nations en petites unités ethniques opposées les unes aux autres et que l'on peut aisément soumettre. L'état légal, l'état-nation avec son propre corpus de loi est bien une invention française celui-ci s'oppose à la mondialisation impérialiste sans autre loi que celle du plus fort.
L'idéologie française s'oppose bien à l'idéologie anglo-saxonne


La « ripoublique » actuelle répond elle aux principes de 1789 ?

Il suffit de comparer l'article 3 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen pour répondre non.

Cet article 3 dit : « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément ».

La souveraineté française appartient aujourd'hui aux USA par le pacte atlantique et à l'Union Européenne soumise aux USA par les différents traités scélérats de Maasstricht de Lisbonne et autres. La nation c'est à dire l'ensemble des citoyens français n'exerce plus la souveraineté alors que le point primordial de cette révolution de 1789 concernait justement l'exercice de cette souveraineté arrachée au despotisme.
Les politiciens qui « gouvernent » la France pour le compte de l'impérialisme anglo-saxon en se soumettant sans broncher au moindre de ses désires méritent effectivement le titre infamant de « ripoux » mais ce qu'ils donnent à voir n'a rien de républicain.

La révolution française de 1789 a édicté un certain nombre de principes qui au fil du temps furent édulcorés, abandonnés retournés, on peut constater que 1789 est inachevé et que ses principes fondamentaux restent encore à appliquer c'est la raison pour laquelle une nouvelle révolution française s'avère maintenant nécessaire.

Alors ceux qui s'attaquent aux principes de 1789 non seulement s'attaquent à la France et son idéologie historique véritable joyau donné au monde mais ils s'attaquent également aux intérêts des peuples ayant accaparé cette idéologie fondamentale permettant le « vivre ensemble » en bonne intelligence. Ce faisant ils désarment ces peuples face à l'impérialisme mondialiste.


NB. Pour bien assimiler et comprendre l'intérêt que représente l'idéologie française il convient de lire aussi les liens se rapportant à d'autres articles plus explicites sur des aspects particuliers.
La compréhension de l'histoire et de la politique est complexe et ne peut se résumer par des slogans ou des caricatures, il faut donc se donner la peine de puiser profondément dans la connaissance pour comprendre de manière à engager la lutte à bon escient.

samedi 15 mars 2014

À l'occasion du 70ème anniversaire du programme du CNR, l'UPR appelle les Français à se concentrer, à nouveau, sur l'essentiel.

http://www.upr.fr/

COMMUNIQUÉ DE PRESSE


OBJET :  À l'occasion du 70ème anniversaire du programme du CNR, l'UPR appelle les Français à se concentrer, à nouveau, sur l'essentiel : l'indépendance et la liberté de la France.


TEXTE :

L'Union Populaire Républicaine (UPR) célèbre, ce 15 mars 2014, le 70ème anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance (CNR), adopté à l'unanimité le 15 mars 1944. Ce programme, mis en œuvre pour l'essentiel par le gouvernement présidé par le Général de Gaulle, demeure le plus large consensus politique que la société française ait connu dans son histoire récente.

Aujourd'hui encore, l'objectif de doter la nation des moyens de son indépendance politique et d'un État puissant, régulateur et impartial, garant de la justice sociale et de l'intérêt général, reste le souhait ardent d'une très large majorité de Français.

Depuis sa création, l'UPR souligne que les traités européens s'attaquent frontalement aux réalisations du CNR. Contre la volonté majoritaire des Français, qui s'est exprimée lors du référendum du 29 mai 2005, ces traités imposent notamment le démantèlement des services publics et de nos acquis sociaux, à la demande et pour le seul profit d'une toute petite oligarchie internationale. Sous le prétexte de « construire  l'Europe », les dirigeants français n'hésitent pas à détruire ce qui avait permis en France, selon les mots mêmes du CNR, le rétablissement des « jours heureux ».

L'UPR appelle les Français à mettre provisoirement de côté leurs divisions pour se concentrer sur l'essentiel, ainsi que l'avaient fait les membres du CNR le 15 mars 1944. De nos jours, l'indépendance et la liberté de la France impliquent la sortie au plus vite de la France de l'Union européenne, de l'euro et de l'OTAN.

C'est pour servir cet objectif que s'est formée l'UPR le 25 mars 2007, qu'elle a adopté un programme présidentiel largement inspiré de celui du programme du CNR le 3 décembre 2011 (cf. http://www.upr.fr/presidentielles-2012/le-programme-de-l-upr), et qu'elle présente des listes aux élections européennes dans toutes les circonscriptions le 25 mai prochain.


http://www.medals4trade.com/collections/displayimage.php?album=76&pos=43



COMMUNIQUÉ (14 mars 2014) - L'UPR salue la mémoire de Robert Crow et appelle les syndicalistes français à s'inspirer de son combat



TEXTE :


L'UPR apprend avec tristesse la disparition de Robert Crow, Secrétaire général du syndicat britannique "National Union of Rail, Maritime and Transport Workers" (RMT), survenue le 11 mars 2014. De 2002 à sa mort, il avait développé avec énergie ce syndicat, classé très à gauche, le faisant passer de 57 000 adhérents à plus de 80 000.

Comme nous l'avions signalé dans un article publié sur notre site
RMT avait conduit une campagne sensationnelle à l’occasion des élections européennes de 2009 avec le slogan "No to EU, Yes to democracy" ("Non à l'UE, Oui à la démocratie"). Ce syndicat avait en effet pris position pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, en démontrant que le rejet de la "construction européenne" n'avait aucun rapport avec des conceptions d'extrême droite, contrairement à ce que cherche à faire croire l'oligarchie européiste et ses supplétifs médiatiques pour empêcher tout débat en France.

L'UPR souligne le contraste navrant qu'offrent les syndicats français par rapport à RMT.

Les principaux syndicats hexagonaux, qui bénéficient de financements de la Confédération européenne des syndicats (CES), elle-même financée par la Commission européenne, n'expliquent en effet jamais au public les causes réelles des destructions d'emploi, du démantèlement des services publics et du recul des acquis sociaux. Ils observent en particulier un silence complet sur la responsabilité de l'euro dans le drame économique et social qui se joue en France et ils occultent systématiquement l'impossibilité juridique de lutter contre les délocalisations industrielles dans le cadre de l'Union européenne (l'article 63 du TFUE, par exemple, interdit toute restriction à la circulation des capitaux).

De plus en plus discréditées auprès de leur base, les directions syndicales françaises ne savent plus quelle manipulation inventer pour dévier la colère des salariés de la prétendue « construction européenne ». Comme à l'accoutumée depuis deux décennies, ils tentent de calmer cette colère en affirmant se battre pour une « autre Europe », protectrice des services publics et des acquis sociaux. Mais ils cachent soigneusement à leur base qu'un tel changement radical ne pourrait avoir lieu que si l'unanimité des 28 États membres de l'UE en décidait ainsi, c'est-à-dire jamais.

L'UPR appelle les adhérents de tous les syndicats français à demander à leurs dirigeants pourquoi ils ne proposent pas la sortie de l'euro et de l'Union européenne, et pourquoi ils refusent même avec véhémence d'en débattre.

Le progrès social et la défense des acquis sont impossibles dans le cadre de l'UE, il est plus que temps que ceux qui prétendent défendre les travailleurs le disent et en tirent les conclusions, comme l'ont fait courageusement Robert Crow et le syndicat RMT.