"La civilisation démocratique est entièrement fondée sur l'exactitude de l'information. Si le citoyen n'est pas correctement informé, le vote ne veut rien dire." Jean-François Revel - Extrait d'un Entretien avec Pierre Assouline - Novembre 1988

samedi 28 juillet 2012

MARIO DRAGHI PRÉPARE LE RACKET DES CONTRIBUABLES DES PAYS D'EUROPE ET LA QUASI-FAILLITE DE LA BCE...



MARIO DRAGHI PRÉPARE LE RACKET DES CONTRIBUABLES

DES PAYS D'EUROPE ET LA QUASI-FAILLITE DE LA BCE... 
..... MAIS LES MARCHÉS SONT RASSURÉS POUR 72 HEURES !
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Les nouvelles déclarations du président de la BCE Mario Draghi,
ce 26 juillet, sont à marquer d'une pierre noire dans l'avancée chaotique de la zone euro vers le désastre final.

Qu'a dit ce charlatan sélectionné par Goldman Sachs ?
Très exactement ceci :

« La BCE est prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l'euro. Et croyez-moi, ce sera suffisant. [...] Si les primes de risque sur la dette souveraine handicapent la transmission de la politique monétaire, elles entrent dans le cadre de notre mandat. »

Aussitôt, les marchés financiers ont exulté. Comme ils exultent à chaque fois qu'un "Sommet de la dernière chance" ou qu'un dirigeant européiste fait une déclaration qui donne à penser que la BCE va intervenir, ou que les pays de la zone euro vont accoucher d'un mécanisme permettant de mutualiser les dettes au niveau de la zone elle-même.

En ce 26 juillet, la Bourse de Madrid s'est donc envolée de plus de 6 %, Milan de plus de 5 %. Paris de plus de 4 %, tandis que Francfort progressait de 2,75 %. Seuls l'enthousiasme de la Bourse de Londres (où Mario Draghi s'exprimait) est plus modeste (+ 1,36 %) et le pessimisme se poursuit à Athènes (- 0,83 %).

Tout semble donc rentrer dans l'ordre une nouvelle fois, dans ce meilleur des mondes qu'est la zone euro.

Pourtant, le simple bon sens nous invite à trouver tout cela mirobolant. Depuis maintenant trois ans, c'est la énième fois qu'une période de déprime aiguë s'étalant sur plusieurs semaines se transmute, en quelques minutes, en un moment d'exaltation dont on pressent qu'il ne va durer que quelques heures, 2 ou 3 jours tout au plus.

Tout le monde flaire bien qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ces exultations, qui résonnent comme le rire dément d'un alcoolique entre deux crises de larmes. Cela ressemble à un phénomène bipolaire inquiétant, comme si la zone euro était atteinte de problèmes psychiatriques lourds.

La question est donc : mais qu'est-ce qui se cache encore derrière cette annonce lancée par le sieur Draghi ?

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DÉCRYPTAGE POUR LE COMMUN DES MORTELS
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Pour le commun des mortels, ces engouements soudains sont à n'y rien comprendre. Tout allait on ne peut plus mal et tout va soudain très bien. Il a suffi qu'un olibrius prononce 20 mots :

« La BCE est prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l'euro. Et croyez-moi, ce sera suffisant. »



Mais alors, se dit-on benoîtement, s’il ne s'agissait que de prononcer ces deux phrases, pourquoi donc M. Draghi a-t-il tant tardé à le faire ? Serait-il sadique ? Pourquoi bigre faudrait-il empêcher que tout aille bien en empêchant la BCE d'intervenir, puisque tout est si simple quand elle intervient ? Où est donc le problème ? Quelles sont les conséquences ?



Ce sont bien les questions et les réponses dont nos grands médias asservis ne parleront jamais aux Français. Voyons pourquoi.

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1) Quel est le sens des paroles de Mario Draghi ?
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Le sens des paroles de Mario Draghi a été aussitôt traduit par les analystes.



Notons d'abord que tout le monde a supposé qu'il ne s'agissait pas de simples paroles en l'air dépourvues de la moindre suite. On est étonné d'une telle crédulité puisque les effets d'annonce suivies d'aucune suite concrète constituent pourtant le cas le plus fréquent, et de très très loin, dans les sphères européistes.



Mais admettons que, cette fois-ci, il va se passer concrètement quelque chose. Que va-t-il donc se passer ?


Les experts sont unanimes à penser que les propos de M. Draghi signifient que la BCE va se remettre à racheter des obligations publiques sur le marché secondaire (là où s'échangent les titres déjà émis), comme elle l'a d'ailleurs déjà fait dans un passé récent.

Il n'y a pas grand mystère à prophétiser cette action car le rachat de titres est à peu près la seule possibilité d'envergure dont dispose encore la BCE pour faire baisser les taux d'intérêt exigés par les marchés financiers sur les dettes publiques de la Grèce, de l'Espagne ou de l'Italie. Un autre moyen de procéder, qui revient d'ailleurs à peu près exactement au même, serait que la BCE intervienne indirectement en finançant le FESF (ou le futur MES s'il voit le jour), qui procèderaient, eux, au rachat de ces obligations souveraines.

L'autre possibilité d'intervention de la BCE consiste à fournir de la liquidité aux banques, en contrepartie de garanties (appelées "collatéraux"). Mais cette procédure, déjà largement utilisée, n'a pas produit les effets attendus (cf. infra).

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2) Pourquoi racheter des obligations souveraines ?
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Quel est donc l'intérêt de cette opération ? Il réside dans le fait que si la BCE ou si le FESF rachètent des obligations émises par l'un des États en grande difficulté de la zone euro (l'Espagne par exemple), les marchés financiers vont interpréter cela comme une garantie solide sur ces titres. On voit s'éloigner le risque que les nouvelles obligations espagnoles ne soient pas remboursées puisque, justement, on pense que l'on pourra toujours les revendre à la BCE ou au FESF. Le risque espagnol s'estompe et est remplacé par le risque plus global de la BCE, qui ne fait pas peur (bien à tort, comme je vais y revenir plus loin).



Logiquement, donc, les taux d'intérêt demandés rebaissent brutalement, puisque le risque s'éloigne.



C'est ce qui vient de se passer aujourd'hui après la sortie de Draghi : le taux exigé par les marchés sur les obligations espagnoles, qui était monté jusqu'à 7,63600 % (et même un plus haut à 7,75 %) (cf. mes articles antérieurs sur cette question) a rebaissé brutalement à 6,93600 % à 17 H 00. Ce qui a pour effet instantané d'alléger un peu la pression sur les finances espagnoles et de faire remonter mécaniquement l'euro, à près de 1,23 USD alors qu'il avait chuté sous les 1,21 USD hier.


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3) Pourquoi Mario Draghi a-t-il fait cette annonce maintenant ?
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On notera que ce scénario se déroule conformément aux informations révélées par la Frankfurter Allgemeine Zeitung du 23 juillet, dont j'ai tenu scrupuleusement informés nos lecteurs.



Je rappelle en effet que le journaliste de ce grand journal allemand avait révélé le scandale public fait par le ministre espagnol des affaires étrangères, M. José Manuel García-Margallo, contre l'attitude de la BCE :



---------- Extraits de l'article de la FAZ du 23 juillet

« Lors d’une conférence avec d’autres dirigeants européens à Palma de Majorque, José Manuel García-Margallo a en effet attaqué la Banque Centrale Européenne (BCE) avec une dureté sans précédent, comme s’il s’agissait de la Banque de Tunisie.

García-Margallo a accusé la BCE, qui a racheté des titres de dettes publiques depuis cinq mois, d’avoir gardé caché le fait qu’elle n’avait racheté aucune obligation d’État espagnole, empêchant ainsi de réduire la pression sur l’Espagne.

Et il a ensuite ajouté littéralement : « Vous ne faites rien pour arrêter le feu sur la dette publique espagnole ! ».
[....]
Au cours de la semaine passée, dans presque toutes les capitales européennes, dont Madrid, on a nié avec véhémence que les 100 milliards d’euros puissent être utilisés à autre chose qu’à renflouer les banques. Mais quelque part dans les accords, il y a un paragraphe discret qui pourrait le permettre, sous réserve de l’approbation de l’Eurogroupe, et probablement aussi du Bundestag allemand.

Peut-être dès qu’un ministre des Affaires étrangères du type García-Margallo tapera du poing sur la table. »

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En d'autres termes, si Mario Draghi est intervenu aujourd'hui, c'est parce qu'il a subi, il y a 4 jours, le scandale du ministre espagnol et que tout le monde en a été mis au courant, 3 jours après, par la presse allemande, presse de Francfort justement.

Cette décision n'a donc rien de glorieux ni de spontané.

Ce n'est pas non plus un coup de génie du président de la BCE, comme le laisse entendre le magazine L'Expansion de ce soir, qui prend ses lecteurs pour des imbéciles en qualifiant Mario Draghi de « Super Mario est de retour ».


Non, la réalité est ailleurs : Mario Draghi a simplement cédé à la pression des événements. Des événements qui se sont eux-mêmes imposés, provisoirement, dans la guerre de tranchées que se livrent, derrière les portes capitonnées de la salle de réunion, les gouverneurs du Système Européen de Banques Centrales (SEBC).

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4) Qu'est-ce que cela révèle de la bataille rangée
qui déchire les dirigeants de la BCE ?
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Cela jette une lumière glauque sur le processus de prise de décision au sein de la BCE. Glauque mais exacte.



À savoir que, derrière la componction et la morgue de ces messieurs les gouverneurs des Banques centrales du SEBF qui siègent au conseil de la BCE, les analyses financières ne pèsent pas grand-chose face au rapport de forces qui opposent les États avec une agressivité de plus en plus virulente.



Si la BCE avait cessé de procéder à des rachats d'obligations souveraines sur le marché secondaire, c'était sous la pression intense de l'Allemagne, des Pays Bas et de la Finlande, et peut-être d'autres pays, pour les raisons techniques parfaitement justifiées sur lesquelles je vais revenir dans un instant.


Seulement voilà : la situation des derniers jours était devenue explosive pour le maintien de l'Espagne dans la zone euro (cf. mes articles précédents). Or, les pressions américaines et euro-atlantistes s'exercent de façon toujours aussi intense sur l'Allemagne pour préserver la zone euro - c'est-à-dire pour maintenir le glacis géopolitique de domination américano-atlantiste sur l'Europe.

Du coup, Mario Draghi et les gouverneurs du SEBF n'avaient plus le choix : il leur a fallu se ranger cette-fois-ci du côté de l'Espagne, de l'Italie et de la France en annonçant une reprise des rachats d'obligations souveraines. C'était cela ou l'explosion en vol de l'euro avec le départ quasi-simultané de la Grèce et de l'Espagne. La fin des haricots, en quelque sorte.

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5) Comment fonctionne le rachat des obligations par la BCE ?
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L'idée que la BCE rachète des obligations sur le marché secondaire émises par des États en grande difficulté financière n'est pas nouvelle. Elle a été mise en œuvre en 2010, avec des rachats d'obligations publiques grecques, irlandaises et portugaises, puis, à partir de 2011, italiennes et espagnoles.



Le problème posé par ces rachats est de deux ordres :



- d'une part, ils provoquent une hausse des créances pourries dans le bilan de la BCE. En janvier 2012, l’Eurosystème possédait ainsi désormais quelque 220 Md€ de créances douteuses sur les seuls États en difficulté (soit désormais plus que les recettes annuelles nettes de l’État français). À terme, c'est la solidité même du bilan de la BCE qui est donc en jeu (cf. conclusion ci-infra) ;


- d'autre part, ils conduisent à des opérations en contrepartie, dites de “reprises de liquidités à blanc”, qui sont bien expliquées par l'actuaire Olivier Berruyer sur son blog (cf. http://www.les-crises.fr/operations-recentes-de-la-bce/), que je reprends ci-après en l'adaptant :

a) Partons d'une banque commerciale privée avec 100 d’obligations espagnoles. Ces obligations menacent de devenir irrécouvrables, alors que la situation financière de l'Espagne inquiète de plus en plus et que les taux se tendent.

b) Pour calmer la tempête et "sauver l'euro", la BCE "intervient" en rachetant les 100 d'obligations espagnoles à la banque commerciale. C'est exactement ce que Mario Draghi vient d'annoncer ce 26 juillet.

c) On passe ainsi d’une situation préalable qui était :

“Bilan Banque commerciale : 100 d’obligations pourries /
Bilan BCE : 0 ”

à la nouvelle situation :

“Bilan Banque commerciale : 100 de liquidités utilisables /
Bilan BCE : 100 d’obligations pourries ”

d) Si l'on s’arrête là, on voit bien que la BCE a créé autant d’argent qu'elle en a prêté puisque le total des bilans est passé de 100 à 200 avec l'opération de rachat de titres.
Laisser la situation en l'état n'est pas possible car cette création monétaire ex nihilo provoquerait aussitôt de l’inflation, ce qui est contraire aux statuts de la BCE. Comme je le rappelle dans mes conférences sur l'euro, l'article 127 du Traité sur le Fonctionnement de l’Union Européenne (TFUE) précise en effet que « l’objectif principal du Système européen de banques centrales, ci-après dénommé « SEBC », est de maintenir la stabilité des prix. »

e) Pour empêcher cela, la BCE procède donc à une opération, à peine croyable pour les non-initiés, qui consiste :
- à neutraliser son intervention en... empruntant aux banques privées l’argent qu’elle vient de créer !
- et à le faire par le biais d’emprunt à terme rémunérés !
Ce sont ces opérations que l'on appelle des “reprises de liquidités à blanc”

f) Après ces opérations, on parvient donc à la situation finale :

“Banque privée : 100 de liquidités utilisables + créance de 100 sur la BCE non utilisable /
BCE : 100 d’obligations pourries + 100 de liquidités – intérêts versés à la banque privée”

Au final :
- il n’y a donc pas de création monétaire,
- la banque privée a été délestée de sa créance pourrie et reçoit des intérêts pour cela !
- la BCE a pourri son bilan ET EN PLUS elle paye des intérêts pour cela !

Toutes ces opérations de rachat d'obligations par la BCE sont d'autant plus scandaleuses :

- qu'elles reviennent à subventionner à 100 % des banques et des investisseurs privés, sur fonds publics (puisque ce seront les contribuables des pays de l'Eurosystème qui viendront au secours de la BCE si nécessaire), et cela pour leur éviter toute perte. C'est la tactique chère aux banquiers et aux investisseurs privés qui consiste à privatiser les profits mais à mutualiser les pertes...

- et qu'il est impossible de vérifier que ces opérations ne constituent pas un financement quasi-direct des États en difficulté, principe pourtant proscrit par l’article 125 du TFUE qui interdit expressément aux États membres de prendre à leur charge les engagements financiers d’un gouvernement national (clause dite de "non renflouement" ("no bail out").

On comprend ainsi pourquoi les Allemands, les Néerlandais et les Finlandais sont vent debout contre toutes ces opérations, qui piétinent à la fois les traités européens et les règles de saine gestion financière.

La remarque scandalisée de Jens Weidmann, président de la Bundesbank, prend ici tout son sens lorsqu'il a objecté à Mario Draghi récemment : « L’idée que l’on puisse gagner la confiance en violant les règles me paraît ahurissante ».

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Le décryptage qui précède permet de mieux comprendre pourquoi « les marchés financiers adorent Super Mario », comme le titre le magazine L'Expansion déjà cité.

Car lorsque l'on obtient d'un système public qu'il vous retire toutes vos pertes potentielles pour les refiler aux contribuables, et qu'il vous paye de surcroît pour cela, il est difficile de ne pas exulter en effet !

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L'AUGMENTATION ET LA DÉGRADATION CONTINUELLES
DU BILAN DE LA BCE
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Seulement voilà : comme on le comprend, les dindons de la farce dans toutes ces manipulations, ceux sur qui va retomber un jour toutes les dettes, ce sont les contribuables des pays de l'Eurosystème.



Et le risque d'un désastre majeur ne fait que croître :



a)- parce que ces programmes de rachats d'obligations prennent une place de plus en plus importantes dans le bilan de la BCE (actuellement plus de 620 milliards d'euros de titres en euros) ;


b)- parce que la fourniture de liquidités aux banques prend des proportions de plus en plus hallucinantes (plus de 1200 milliards d'euros), ce qui témoigne du fait que les banques ne se prêtent décidément plus entre elles. C'est l'un des autres drames de la zone euro, qui tieent au fait que toutes les injections de liquidités dans les banques des pays de la périphérie reviennent aussitôt se placer à la BCE par aversion au risque ;

c)- parce que la BCE accepte en contrepartie de ces liquidités des garanties ("collatéraux") de plus en plus mauvaises ;

d)- parce qu'au total le montant global du bilan de la BCE ne fait que croître, alors que les fonds propres (qui devraient être injectés par les États, c'est-à-dire les contribuables) augmentent peu (essentiellement au gré de la réappréciation du stock d'or).


On est ainsi parvenu à une situation où le total du bilan de la BCE :

1)- est supérieur à 3.200 milliards d'euros, soit beaucoup plus que la Réserve fédérale américaine (environ 2.300 milliards d'euros) ;

2)- comprend désormais plus de 1 800 milliards d'euros de titres et de créances bancaires de qualité médiocre ou carrément pourries ;

3)- alors que les fonds propres ne sont que de 470 milliards d'euros.

Cette inquiétante augmentation de la taille du bilan et du rapport des actifs totaux aux fonds propres de la BCE (le « leverage » comme disent les initiés) n’a pas échappé aux observateurs des marchés, qui commencent à surveiller ce phénomène avec intérêt et une inquiétude croissante sur la solidité de la BCE elle-même.

C'est-à-dire que c'est désormais le cœur même de l'Eurosystème, pour ainsi dire le "réacteur nucléaire" de la zone euro, qui commence à donner des signes de défaillance préoccupants.

C'est la raison pour laquelle la BCE rencontre des difficultés et un scepticisme croissant à convaincre de sa réelle aptitude à sauver le système financier de l'euro.

On notera d'ailleurs que les propos de M. Draghi de ce jour, s'ils ont amené les marchés à "exulter", n'en ont pas pour autant eu un effet exceptionnel : les taux d'intérêt sur l'obligation espagnole à 10 ans ont baissé, je l'ai déjà dit, de 7,63600 % à 6,93600 %. C'est certes une chute brutale en quelques heures. Mais le niveau d'APRÈS la déclaration reste néanmoins extrêmement élevé (près de 7 %) et donc intenable à très court terme.

Cela n'est pas bon signe.

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CONCLUSION : RACKET DES CONTRIBUABLES
ET EXPLOSION DE LA ZONE EURO AU BOUT DU CHEMIN
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Au total, les manipulations de M. Draghi, qui ne font que refléter les contraintes politiques et financières qui déchirent la BCE et qui tirent la zone euro à hue et à dia, ne peuvent mener qu'à deux choses :



- d'une part un risque croissant sur la BCE, qui pourrait conduire jusqu'à sa quasi-faillite à terme,



- d'autre part au racket croissant des contribuables des pays d'Europe. Pour la raison simple qu'une Banque centrale ne peut pas faire faillite et que ce sont les contribuables européens qui devront injecter des fonds propres pour assurer sa survie, si la situation se tendait et qu'une crise de liquidité, de crédit ou de confiance devait se développer.


C’est donc sur les budgets européens que repose le risque ultime de la BCE, tout comme celui de toutes les autres institutions financières européennes.

Au bout du compte, c’est le contribuable de la zone euro qui paiera les frais cataclysmiques qui s'annoncent, et cela pour permettre aux banquiers et aux investisseurs privés de ne pas perdre, eux, le montant de leurs fortunes. Le tout se déroulant dans des économies exsangues.

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Cette brillante perspective des conséquences ultimes de la politique incarnée par M. Draghi et ses commanditaires permet de souligner ce qu'a de spécifiquement scandaleuse la position du gouvernement français qui, par la bouche de M. Moscovici, ministre des finances, s'est félicité bruyamment de la déclaration de M. Draghi.

Car enfin !

On comprend parfaitement la position logique de l'Allemagne, des Pays Bas et de la Finlande, qui bénéficient encore de situations d'endettement saines et qui tentent de tout faire pour ne pas être entraînés dans le gouffre.

On peut comprendre aussi la position de l'Espagne et de l'Italie, dont la situation financière est tellement dégradée qu'elles ont tout à gagner, à court terme, de la politique laxiste de la BCE qu'elles réclament.

Mais la position des autorités françaises, elle, est la seule vraiment incompréhensible puisque le gouvernement "socialiste" actuel œuvre, tout comme le gouvernement précédent, pour une politique laxiste de la BCE où nous avons tout à perdre.

En portant François Hollande à l'Élysée, les électeurs de gauche vont peu à peu découvrir qu'ils ont élu un gouvernement "socialiste" dont la politique a pour conséquence réelle de plonger la France dans la misère et de racketter les Français pour permettre aux banquiers et aux investisseurs de ne pas perdre leurs fortunes.

Comme escroquerie politique et morale, il est difficile de faire pire.


François ASSELINEAU
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========== SOYONS PRÉCIS ! ===============

PRÉCISIONS SUR LES « OPÉRATIONS DE STÉRILISATION » 

INVENTÉES PAR M. TRICHET POUR NEUTRALISER L'EFFET POTENTIELLEMENT INFLATIONNISTE DES RACHATS D'OBLIGATIONS SOUVERAINES PAR LA BCE

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Suite à une consultation avec un expert de la question, je reviens sur mon article d'hier soir au sujet des déclarations de M. Draghi car mon texte comporte une présentation approximative, et en partie erronée, sur un point précis. Cela découle de ma reprise un peu hâtive de l'analyse, elle-même en partie erronée, d'Olivier Berruyer.



À savoir que ce dernier a tort d'affirmer que ce qu'il appelle les “reprises de liquidités à blanc” sont des emprunts à terme qui procureraient un bénéfice aux banques ayant vendu à la BCE des obligations pourries.



Le schéma est complexe et assez nettement différent du résumé qu'en fait Olivier Berruyer.


La présentation correcte de la situation est la suivante.

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LE VRAI SCHÉMA DES « OPÉRATIONS DE STÉRILISATION »
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Il est exact que, pour éviter l'effet potentiellement inflationniste des rachats d'obligations souveraines par la BCE du programme dit "SMP" ((Securities Markets Programme), celle-ci a en effet décidé, sous la présidence de M. Trichet en 2010, d'opérations officiellement dites « de stérilisation », qui correspondent à ce qu'Olivier Berruyer appelle les “reprises de liquidités à blanc”.



Mais, contrairement à la présentation faite par Olivier Berruyer, ces opérations ne sont que l'ouverture d'une possibilité nouvelle et complémentaire de dépôts à terme (d'une semaine) des banques auprès de l'Eurosystème.



Cela mérite une explication, certes très technique, mais qui permettra aux lecteurs intéressés de ne pas raisonner sur des idées approximatives ou fausses :


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1)- Point de départ : la rémunération des dépôts et des prêts
est la règle absolument générale de la vie financière.
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1.1.- l'activité numéro 1 de l'Eurosystème consiste à accorder des opérations de refinancement aux banques :
- à moins d'une semaine pour les MRO (Main Refinancing Operation)
- et entre 3 mois et 3 ans pour les LTRO (Long Term Refinancing Operation).

Ce sont des prêts d'argent, facturés aux banques au fameux "taux d'intervention" de la BCE. Depuis le 5 juillet 2012, la BCE a abaissé ce taux à un niveau historiquement très bas de 0,75%.

Les banques privées versent donc des intérêts à l'Eurosystème pour ces prêts.

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1.2.- les banques doivent a contrario placer des sommes en comptes courants auprès de la BCE, au nom du principe des "réserves obligatoires".

Ces sommes sont rémunérées jusqu'au montant des réserves obligatoires. Ce qui est déposé en excès ne l'est pas.

À l'inverse du cas précédent, c'est donc la BCE qui verse des intérêts aux banques privées pour ces sommes.

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1.3.- les banques peuvent aussi déposer leurs excès de liquidités à la BCE, sur des comptes dits de « facilité de dépôt » (deposit facility).

Ces autres comptes sont, en temps ordinaire, rémunérés.

Cependant, leur rémunération a été abaissée, le 5 juillet 2012, au taux de 0 % , ce qui correspond donc à une non-rémunération. La BCE a affirmé avoir agi de la sorte pour inciter les banques à réinjecter ces liquidités dans l'économie plutôt que de les laisser "au chaud" à la BCE. Mais cette tactique n'a pas donné de résultats (cf. ci-infra).

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2)- les opérations dites « de stérilisation » consistent en l'ouverture d'une nouvelle facilité de dépôts rémunérés
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L'innovation décidée par M. Trichet en 2010 a consisté à ouvrir la possibilité d'un nouveau type de dépôts en compte courant, pour une durée d'1 semaine, également rémunéré selon le principe général que je viens de rappeler, et cela dans le but de neutraliser l'effet inflationniste des rachats d'obligations souveraines. Le placement par les banques commerciales (autrement dit l'emprunt de cet argent par la BCE) constitue ce que l'on appelle une "FTO" ("Fine Tuning Operation") pour reprendre le jargon de la BCE.



La rémunération est fixée pour des montants et à un taux mis aux enchères entre les banques.



Ce taux ne peut en aucun cas être supérieur au taux d'intervention de la BCE auquel les banques peuvent se procurer des refinancements. Cette contrainte obéit à une logique évidente car il suffirait, sinon, aux banques privées d'emprunter de l'argent à l'Eurosystème d'un côté pour le replacer à un taux supérieur à la BCE de l'autre côté pour gagner indûment leur vie.


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3)- il n'y a pas de relation mécanique et obligatoire entre
la vente d'obligations pourries à la BCE et le dépôt de fonds
sur un compte « de stérilisation ».
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Les dépôts dits « de stérilisation » dont je viens de parler sont une nouvelle facilité de dépôt qui a, certes, été conçue pour remédier à la création monétaire induite par le rachat d'obligations souveraines par la BCE.



Cependant, il n'y a pas (et il n'y a jamais eu) de relation mécanique et obligatoire entre les deux, contrairement à la présentation erronée qu'en fait Olivier Berruyer, et que j'ai reprise à tort sans vérification technique approfondie.



En réalité, une banque qui vend 100 d'obligations pourries à la BCE peut fort bien ne pas redéposer cette somme à la BCE sur ces nouveaux comptes. En revanche, une banque qui n'a rien vendu pourra fort bien déposer des sommes sur ceux-ci, si elle remporte l'enchère.


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4)- le rachat d'obligations souveraines par la BCE procure un avantage indéniable pour les États en grande difficulté financière, mais un avantage plus relatif pour les banques
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Comme je l'ai expliqué hier, le rachat d'obligations souveraines par la BCE a pour conséquence de faire monter le prix des obligations sur le marché secondaire et de faire concomitamment baisser le taux d'intérêt demandé par les marchés pour les nouvelles obligations.



C'est évidemment un avantage très important pour les États en grande difficulté financière pris à la gorge par la montée des taux d'intérêt, comme cela était le cas ces derniers jours avec l'Espagne et l'Italie. D'un coup, la pression des taux à la hausse s'estompe et c'est ce qui s'était produit lors du lancement du programme SMP en 2010 sur les taux des obligations irlandaises, portugaises et grecques.



Cependant, cet avantage est plus relatif pour les banques elles-mêmes puisque, par principe même de l'existence d'un marché secondaire (revente de titres), elles conservent toujours la faculté de vendre les obligations souveraines qu'elles possèdent à tout acheteur sur ce marché.


L'avantage que le programme SMP procure aux banques est donc d'avoir pour effet d'augmenter le prix de revente des obligations qu'elles détiennent en portefeuille.

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5)- les FTO « de stérilisation » proposés par la BCE intéressent beaucoup moins les banques pour la maigre rémunération proposée que pour la sûreté offerte
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Il faut savoir que les banques qui disposent de liquidités peuvent en permanence les placer :



- soit à ultra court-terme, au jour le jour, au taux "overnight", dont le fixing constitue l'EONIA (Euro OverNight Index Average) : c'est le taux de référence quotidien des dépôts interbancaires dits « en blanc » (c'est-à-dire sans être gagés par des titres), qui sont effectués au jour-le-jour dans la zone euro.



- soit à court-moyen terme, « en blanc » au taux dont le fixing s'appelle EURIBOR (Euro interbank offered rate), ou « contre collatéral » au taux dont le fixing s'appelle EUREPO, qui couvrent l'un et l'autre des durées allant d'une semaine à un an.

Ces taux EURIBOR et EUREPO sont cependant largement virtuels puisque le marché interbancaire « en blanc » est devenu quasi-inexistant depuis la crise de 2008 et le marché interbancaire « contre collatéral » ne se porte qu'à peine mieux.

Cette absence de marché interbancaire réel découle de la méfiance généralisée entre les banques et constitue d'ailleurs l'un des très graves problèmes de la zone euro (comme du dollar), mais qui sort du champ du présent article.

Or les conditions de rémunération des comptes courants, des facilités de dépôt, et des comptes de stérilisation offertes par la BCE peuvent être moins attractives que celles qu'une banque peut obtenir, de façon composée, en plaçant ses liquidités au jour-le-jour au taux overnight sous-jacent à l'EONIA (ou éventuellement sur une plus longue maturité au taux EURIBOR ou EUREPO). Et elles sont par construction moins attractives que le taux d'intervention de la BCE sur les MRO.

Dès lors, si seule la rémunération entrait en considération, la logique financière voudrait que les facilités de dépôt soient vides, que les comptes de stérilisation soient peu garnis, et que les comptes courants ne soient remplis qu'à due proportion du montant des réserves obligatoires imposées aux banques par l'Eurosystème.

Or, tel est loin d'être le cas. Comme je l'ai déjà mentionné, l'abaissement à 0 % de la rémunération des facilités de dépôt (donc la non-rémunération pure et simple) a entraîné une légère baisse du montant total des sommes qui y sont déposées, mais pas du tout leur disparition.

C'est la preuve que les banques de la zone euro continuent à éprouver une très grande défiance vis-à-vis du marché interbancaire et de la solidité des autres banques.

Quant aux quelque 1000 milliards d'euros que la BCE a injectés dans la zone euro par les opérations de refinancement des banques, celles-ci préfèrent les placer massivement... à la BCE plutôt que de les injecter dans l'économie réelle.

C'est la preuve que l'on ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif et que les perspectives récessives des économies de la zone euro n'incitent nullement les banques à accorder des prêts.


En bref, la rémunération des comptes de stérilisation ne constitue pas vraiment l'avantage indu décrit par M. Berruyer sur son blog.

Si des banques cherchent à déposer des fonds sur ces comptes de stérilisation, c'est parce qu'elles sont en quête de sûreté, bien plus que de rémunération.


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CONCLUSION : LES TROIS VRAIS PROBLÈMES :
L'ABSENCE DE RÉELLE « STÉRILISATION »,
L'EXCÈS DE LIQUIDITÉS, ET TARGET 2
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En conclusion, je reviens donc sur le passage de mon texte d'hier inspiré d'Olivier Berruyer pour le corriger.



S'il est exact que les opérations de rachat d'obligations souveraines ont pour effet de dégrader le bilan de la BCE, qui se charge indûment de créances pourries, c'est une présentation polémique et assez largement erronée de dire que les comptes de stérilisation créés dans la foulée constituent une rémunération des banques pour ce service qu'on leur rend.



En revanche, ces opérations posent trois autres types de problèmes qui méritent d'être soulignés :


1°) L'absence de vraie « stérilisation »
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La qualification d'« opérations de stérilisation » présentées comme telles par la BCE est totalement fallacieuse, puisque :



- d'une part, les banques placent (ou ne placent pas) ce qu'elles veulent sur ces prétendus dépôts dits « de stérilisation »,



- d'autre part, le problème de manque de liquidités est devenu tellement aigu dans certains pays que la BCE et l'Eurosystème en sont venus à accorder des opérations de refinancement quasiment à guichets ouverts, fondées sur des garanties (les "collatéraux") dont la qualité est de plus en plus voisine de zéro, et cela d'ailleurs à la grande fureur de la Bundesbank allemande.


En dépit du nom dont la BCE les a affublées, les opérations de
« stérilisation » ne stérilisent rien du tout puisque ce sont au fond les banques qui décident du volume de la masse de liquidités.


2°) L'excès de liquidités
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Or, comme je l'ai souligné dans mon article d'hier, cette augmentation constante des liquidités au bilan de la BCE est potentiellement très grave.



S'il arrivait que les banques, perdant leur frilosité, réinjectent ces masses dans l'économie, une flambée d'inflation en découlerait.





3°) Target 2
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Cette question est par ailleurs suspendue au problème structurel posé par la zone euro, qui tient au fait que toutes les injections de liquidités dans un pays de la périphérie se traduisent très rapidement par un transfert vers l'Allemagne (et aussi les Pays Bas

ou le Luxembourg) et par un nouvel assèchement des liquidités dans les pays de la périphérie.



Il s'agit ici de la "bombe nucléaire" dénommée Target 2 que j'ai déjà expliquée plusieurs fois et qui constitue l'une des raisons essentielles de l'explosion à venir de la zone euro. La défiance vis-à-vis des pays du sud et les écarts croissants de compétitivité entre les pays ont pour effet de transformer en cercle vicieux fatal le système de transferts automatiques et sans contrôle de fonds entre les États de la zone euro.



Les rachats d'obligations souveraines des pays du sud par la BCE ne peuvent que repousser les échéances mais ils ne règlent strictement en rien la mécanique fatale qui condamne l'euro à l'explosion.

C'est pourquoi les agissements de M. Draghi, et des autres dirigeants européistes qui l'entourent, sont proprement insensés puisque, comme je l'expliquais hier, la seule conclusion qui en découlera à terme est la ruine des contribuables, un chômage intenable et des économies exsangues, sans pour autant empêcher l'inéluctable explosion de l'euro.





L'AGENCE MOODY'S CONDAMNE PAR AVANCE LE MES

=== L'AGENCE MOODY'S CONDAMNE PAR AVANCE LE MES === 

EN « PLAÇANT SOUS PERSPECTIVE NÉGATIVE » L'ALLEMAGNE, LES PAYS-BAS ET LE LUXEMBOURG, MAIS PAS LA FINLANDE, L'AGENCE DE NOTATION RÉCOMPENSE LA POLITIQUE DE PRÊTS SUR GAGES D'HELSINKI ET DONNE UN NOUVEL ARGUMENT DE POIDS AU TRIBUNAL DE KARLSRUHE POUR REJETER LE MES.

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Dans le courant de la nuit, l'agence de notation Moody's - la plus écoutée des marchés financiers mondiaux, à égalité avec l'agence Standard & Poor's - a jeté une petite bombe supplémentaire sur l'incendie qui ravage la zone euro.

Moody's a en effet annoncé :

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1)- qu'elle jugeait « la probabilité de plus en plus forte d'une sortie de la Grèce de l'euro ».

En quoi on ne saurait lui donner tort ! Je renvoie à mes articles antérieurs récents sur la question, notamment :

- sur les résultats de la mission secrète de la troïka à Athènes qui juge le cas grec irrécupérable
http://www.u-p-r.fr/actualite/france-europe/euro-titanic-record-battu-pour-les-taux-dobligation-a-10-ans-de-lespagne

- et sur l'article de dimanche du Spiegel qui a annoncé que le FMI avait décidé de ne plus financer la Grèce à partir de septembre (ce qui a été vaguement démenti par d'autres sources, probablement sur instruction de Mme Lagarde, sans doute furieuse de la "fuite" prématurée de l'information)
http://www.u-p-r.fr/actualite/france-europe/sortie-grece-euro

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2)- qu'elle abaissait de « stable » à « négative » la perspective de la dette publique de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg.

Moody's justifie cette décision sans précédent pour ces 3 pays, en raison de « l'incertitude croissante » sur l'issue de la crise de la zone euro et en particulier « parce qu'il existe une probabilité de plus en plus forte qu'une aide à d'autres États de la zone euro, notamment l'Espagne et l'Italie, soit requise. »


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LA FINLANDE MONTRÉE IMPLICITEMENT EN EXEMPLE
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Sous un aspect apparemment technique et relativement anodin, cette annonce constitue une véritable bombe.

Pourquoi ? Parce que ce qui est le plus important est ce qui n'a pas été dit : à savoir que, sur les 4 derniers États de la zone euro qui bénéficient encore de la meilleure note "AAA" (Allemagne, Pays Bas, Luxembourg et Finlande), l'agence Moody's fait la distinction entre les 3 premiers, qu'elle place sous perspective négative, et le 4ème (la Finlande) qu'elle ne cite pas et auquel elle laisse donc une perspective stable.

Même si les agences de presse et les journaux n'en parlent pas (sauf Les Échos de ce matin, qui souligne le fait sans l'expliquer), les experts ne peuvent que "tilter" devant ce distinguo.

Car si la Finlande reste seule plébiscitée, cela ne peut découler que d'une seule chose : du fait que le gouvernement d'Helsinki a continuellement refusé de prêter de l'argent (via le FESF ou le futur MES) aux autres États de la zone euro sans prendre des garanties solides de remboursement (des "sûretés réelles" comme disent les prêteurs sur gages).

Comme le savent les lecteurs fidèles de mes articles, j'ai déjà souligné plusieurs fois cette politique du gouvernement finlandais. Seul dans son cas au sein de la zone euro (!), il estime que son premier devoir est de protéger le patrimoine du peuple finlandais, avant que de voler au secours des banquiers grecs ou espagnols.

Je renvoie notamment à mes articles récents sur le sujet :

- du 10 juillet : http://www.u-p-r.fr/actualite/france-europe/finlande-eurogroupe-espagne

- et du 18 juillet : http://www.u-p-r.fr/actualite/france-europe/euro-finlande-espagne

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BERLIN ET LUXEMBOURG PIQUÉS AU VIF
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En d'autres termes, ce que vient de dire Moody's, et tel que cela va être interprété par les marchés financiers, c'est tout simplement que le gouvernement finlandais est le seul à préserver la solidité de son endettement, tandis que les 3 autres pays sont en train de se laisser couler dans le Titanic financier de l'euro.

Ou encore, pour prendre une métaphore un peu scabreuse mais parlante, les Allemands, les Néerlandais et les Luxembourgeois sont en train d'attraper une vérole financière parce qu'ils n'ont pas la précaution, comme les Finlandais, de se munir de préservatifs.

Merveilles de l'Inconscient, cette double métaphore, de la contamination virale et du naufrage maritime, sont d'ailleurs celles qu'ont aussitôt eues à l'esprit les dirigeants des pays visés par Moody's, bien entendu pour s'en défendre.

Piqué au vif, le Premier ministre du Luxembourg Jean-Claude Juncker, qui est aussi le président de l'Eurogroupe, a ainsi utilisé spontanément un langage médical en protestant avec véhémence, par un communiqué officiel, que les « fondamentaux » des 3 pays menacés de rétrogradation sont « sains ».
http://www.romandie.com/news/n/Zone_euro_Juncker_affirme_son_engagement_a_assurer_la_stabilite36240720120915.asp

Encore plus piqué au vif, le ministère allemand des finances a quant à lui lancé une étrange formule maritime, explicitement reliée à l'idée de naufrage : « L'Allemagne va continuer d'exercer son rôle d'ancre de stabilité dans la zone euro ».
http://www.romandie.com/news/n/Moody_s_place_l_Allemagne_sous_perspective_negative26240720120008.asp?

Les gouvernements de Berlin et de Luxembourg, et probablement celui de La Haye dans la journée, insistent bien entendu sur leur
« ferme engagement pour assurer la stabilité de la zone euro dans son ensemble ». Ils se récrient que cette décision de Moody's « met surtout en avant les risques à court terme, alors que les perspectives de stabilisation à long terme restent non mentionnées (...) La zone euro a mis sur les rails une série de mesures qui doivent conduire à une stabilisation durable de la zone ».

Mais qui ces protestations trompent-elles ?

Qui peut croire vraiment que les perspectives à long terme sont plus réjouissantes que celles à court terme, alors que cela fait maintenant 13 ans que l'euro a été officiellement lancé et que toutes les prévisions optimistes de long terme ont justement toujours été démenties de façon cinglante ?

En réalité, le degré d'énervement et de déni dont témoignent les réactions des autorités allemandes et luxembourgeoises est la meilleure preuve que l'analyse de Moody's vise terriblement juste et fait terriblement mal.


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DU PAIN BÉNIT POUR LES OPPOSANTS ALLEMANDS
AUX EUROBONDS ET AU MES
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Si le ministère allemand des finances a également réagi avec une vigueur inhabituelle, c'est aussi parce que cette annonce de Moody's, si elle est parfaitement justifiée d'un point de vue financier, n'en est pas moins calamiteuse du point de vue politique pour le gouvernement de Berlin.

Car, en confirmant que les dispositifs de soutien à l'euro sont en train de gangréner la stabilité financière de l'Allemagne elle-même, - et en osant implicitement donner la Finlande en modèle de gestion à l'Allemagne ! - l'agence Moody's apporte une confirmation éclatante :

- aux mises en garde continuelles des responsables de la Bundesbank,

- à la récente et spectaculaire mise en garde du très officiel Conseil des experts économiques du gouvernement allemand (cf. mon articlehttp://www.u-p-r.fr/actualite/france-europe/5-experts-economiques-allemands-evoquent-le-risque-dune-crise-systemique-menacant-leuro-et-leconomie-de-lallemagne)

- à la montée en puissance d'un très fort sentiment anti-euro chez nos voisins d'outre-Rhin.

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que cette annonce de Moody's représente en fait une condamnation théorique du principe même du MES, et aussi du projet mort-né d'eurobonds. Et Moody's a raison puisque tous ces dispositifs reviennent à étendre le problème des dettes irrécouvrables à l'ensemble du continent, sans aucune solution réelle derrière puisqu'il ne s'agit que de creuser des dettes pour en rembourser d'autres.


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UN NOUVEL ARGUMENT POUR LE TRIBUNAL DE KARLSRUHE
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Enfin, "last but not least", cette annonce de Moody's va fournir un argument de poids aux opposants allemands au MES, qui ont saisi la Cour Constitutionnelle de Karlruhe.
(cf. mon article http://www.u-p-r.fr/actualite/france-europe/coup-de-theatre-en-allemagne-le-mes-et-le-pacte-budgetaire-violent-la-constitution).

Je rappelle en effet que la Constitution allemande ("Bundesverfassung") de 1949 :

a)- pose le principe de la règle d'or budgétaire, qui implique que les recettes et les dépenses doivent s'équilibrer.

b)- précise, dans son article 115, que « le produit des emprunts ne doit pas dépasser le montant des crédits d’investissements inscrits au budget et qu'il ne peut être dérogé à cette règle que pour lutter contre une perturbation de l'équilibre économique global.»

c)- ajoute, dans son article 109, alinéa 3, qu'à partir de 2016, le déficit du budget de l'État ne devra pas dépasser 0,35 % du Produit Intérieur Brut (PIB) (contre 3 % pour l'actuel Pacte de stabilité européen).

Sans compter tous les autres motifs qui pourraient conduire les juges de Karlsruhe à déclarer l'inconstitutionnalité du MES (notamment la mise à l'écart des parlemente et le processus non démocratique de prise de décision), cette mise en garde de Moody's est un nouvel argument de poids pour que le Tribunal constitutionnel juge le MES contraire aussi aux principes fixés par les articles 109 et 115 de la Constitution fédérale.

Réponse le 12 septembre.



François ASSELINEAU
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mardi 17 juillet 2012

L'AFFAIRE PEUGEOT - IRAN




1) PEUGEOT VICTIME DE L'ENTRÉE DE GENERAL MOTORS À SON CAPITAL EN FÉVRIER 2012

2) LES LETTRES DU 9 MARS ET DU 10 AVRIL 2012 DE L'UANI (ORGANISME PILOTÉ PAR LES SERVICES SECRETS AMÉRICAINS, BRITANNIQUES, ALLEMANDS ET ISRAÉLIENS) POUR FORCER PEUGEOT À SE RETIRER D'IRAN

3) L'ÉCHEC DE LA MISSION ROCARD EN IRAN EN MAI 2012

[ En photo : courrier du 10 avril 2012 adressé par l'organisme américain "United Against Nuclear Iran" à M. philippe Varin, président de PSA, pour exiger l'arrêt immédiat de toute présence de Peugeot en Iran]

Le plan de licenciement massif annoncé par Peugeot le 12 juillet dernier a soudain attiré l'attention de l'opinion publique sur la décision suicidaire prise par Peugeot de se retirer d'Iran, son premier marché à l'exportation.

Pour présenter de façon synthétique le dessous des cartes de cette affaire, je reprends et synthétise plusieurs sources d'information, et notamment l'analyse, très bien documentée, faite par le spécialiste en intelligence économique Benjamin Pelletier sur son site http://gestion-des-risques-interculturels.com/analyses/peugeot-contraint-de-renoncer-au-marche-iranien/

L'ensemble de l'affaire a suivi les stades suivants :

1) FÉVRIER 2012 : LA PRISE DE CAPITAL DE 7 % DE GENERAL MOTORS
 

Peugeot a accepté l'entrée de General Motors, société américaine en partie publique à hauteur de 31,9 % depuis son renflouement par l'Etat américain en 2008, qui a acquis 7% du capital de PSA en février dernier :
http://www.lefigaro.fr/societes/2012/02/29/20005-20120229ARTFIG00518-general-motors-prend-7-du-capital-de-peugeot.php

2) 9 MARS PUIS 10 AVRIL 2012 : LES LETTRES COMMINATOIRES DE L'UANI ("United Against Nuclear Iran") À PHILIPPE VARIN, PRÉSIDENT DE PSA
 

Cette entrée de General Motors au capital de Peugeot a ensuite été mise à profit par l'UANI ("United Against Nuclear Iran"), organisme américain de lobbying appelant au boycott de l'Iran, dans deux lettres comminatoires adressées à Philippe Varin, Président de PSA, les 9 mars et 10 avril dernier, pour exiger que Peugeot se retire d'Iran.

Extraits du courrier du 10 avril 2012 (ci-joint en photo) :

« Dear Mr Varin,

[...]

In light of Peugeot’s partnership with GM, a company that was rescued from bankruptcy and is 31.9% owned by U.S. taxpayers, it is imperative that Peugeot add substance and clarity to its recent statements and confirm that it has, inter alia, completely severed its relationships with IRGC-affiliated entities, including IKCO.

Accordingly, UANI calls on Peugeot to immediately confirm that it is not, directly or through legal entities that it controls or through foreign subsidiaries, affiliates or beneficial ownership interests, engaged in any business or providing any goods or services in Iran.

Please also confirm that Peugeot is not engaged in the implementation of any agreement with any Iranian entity or governmental authority including IKCO, and that Peugeot no longer provides platforms or technology to IKCO for the production of Samand, Runna, Dena and/or any other national car’ model. In addition, please explain what steps Peugeot has taken to ensure that Peugeot platforms and technology are no longer utilized by IKCO. UANI also calls on Peugeot to confirm that it has no intention to conduct business in Iran in the future.

Due to the time sensitive nature of this issue, please let us hear from you on or before April 16, 2012 about whether or not Peugeot has terminated all such business activities in Iran.
Thank you for your immediate attention to this matter.

Very truly yours,

Ambassador Mark D. Wallace »

Traduction :

« Cher M. Varin,

[...]

À la lumière du partenariat de Peugeot avec General Motors, une entreprise qui a été sauvée de la faillite et qui est détenue à 31,9% par les contribuables américains, il est impératif que Peugeot ajoute de la substance et la clarté à ses récentes déclarations et confirme qu'elle a, entre autres, complètement coupé de son relations avec les entités affiliées aux Gardiens de la Révolution Iranienne [Nota : IRGC = Iranian Revolutionary Guard Corps ], y compris IKCO [Nota : fabricant automobiles Iran Khodro, partenaire de Peugeot en Iran depuis plusieurs décennies].

En conséquence, l'UANI demande à Peugeot de confirmer immédiatement qu'elle n'est pas engagée, directement ou par des personnes morales qu'elle contrôle ou par l'intermédiaire de filiales étrangères, sociétés affiliées ou de titres de participation, dans une quelconque entreprise ou dans la fourniture de biens ou de services en Iran.

Veuillez confirmer également confirmer que Peugeot n'est pas engagée dans la mise en œuvre de tout accord avec une entité iranienne quelconque ou une autorité gouvernementale, y compris IKCO, et que Peugeot ne fournit plus de plates-formes ou de la technologie à IKCO pour la production des modèles de véhicules Samand, Corogne, Dena et / ou tout autre modèle national de voiture. En outre, veuillez expliquer quelles mesures Peugeot a prises pour s'assurer que les plates-formes et la technologie Peugeot ne sont plus utilisés par IKCO. L'UANI demande également à Peugeot de confirmer qu'elle n'a pas l'intention de faire des affaires en Iran à l'avenir.

Compte tenu du calendrier urgent de cette question, je vous remercie de nous faire savoir avant le 16 Avril 2012, si oui ou non Peugeot a mis fin à toutes ses activités commerciales en Iran.
Je vous remercie pour l'attention immédiate que vous porterez à cette question.

Très sincèrement vôtre,

L'ambassadeur Mark D. Wallace »

[source : la lettre est disponible en ligne sur le site même de l'UANI :
http://www.unitedagainstnucleariran.com/sites/default/files/IBR%20Correspondence/UANI_Ltr_Peugeot_041012.pdf ]

3) L'UANI EST UN ORGANISME DE LOBBYING PILOTÉ PAR LES SERVICES SECRETS ATLANTISTES : CIA AMÉRICAINE, MI6 BRITANNIQUE, BND ALLEMAND, MOSSAD ISRAÉLIEN
 

Comme le révèle son site Internet, l'UANI compte un impressionnant éventail d'anciens responsables gouvernementaux ou membres des services secrets atlantistes :
[source : http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership ]


- Mark Wallace, directeur de l'UANI

C'est lui qui a signé la lettre comminatoire adressée à Philippe Varin présentée ci-dessus .

Il a fondé l’UANI en 2008 :
- avec l’ancien directeur de la CIA James Woolsey, actuellement membre de son comité consultatif,
- Richard Holbrooke (décédé), dernièrement envoyé spécial des Etats-Unis pour l’Afghanistan et le Pakistan,
- et Dennis Ross, impliqué dans le processus de paix israélo-palestinien, proche des Démocrates tout comme de George Bush. L’épouse de Mark Wallace a été la directrice de la communication de George Bush et conseillère principale auprès de John McCain lors de sa campagne de 2008.

[source : http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership/mark-wallace]


- Kristen Silverberg, présidente de l’UANI

Ancienne ambassadrice des États-Unis pour l’Union européenne, nommée par George Bush en 2008. Elle était donc la courroie de transmission de la Maison Blanche auprès de la Commission européenne.

[source : http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership/kristen-silverberg/ ]


- August Hanning, conseiller principal de l’UANI pour l’Europe

M. Hanning est l’ancien chef du BND, les services secrets allemands (1998 à 2005).

[source : http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership/august-hanning ]


- Gary Samore, un des fondateurs de l’UANI

Après 17 ans passés au sein du Département d’Etat, M. Samore a travaillé de 1995 à 2001 au sein du Conseil National de Sécurité avant de devenir assistant spécial du président américain.
Il est actuellement vice-président du très puissant CFR (Council on Foreign Relations)

[source : http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership/gary-samore ]


- Meir Dagan, membre du comité consultatif de l’UANI

M. Dagan est un militaire israélien, ancien directeur du Mossad (services de renseignement israélien) de 2002 à 2010. Il milite pour une approche progressive de la question iranienne, par des sanctions, et invite à la prudence avant d'envisager une attaque militaire

[sources : http://en.wikipedia.org/wiki/Meir_Dagan
et http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership/meir-dagan ]


- Frances Townsend, membre du comité consultatif de l’UANI

Mme Townsend est l’ancienne conseillère pour la Sécurité Intérieure du président George Bush de 2004 à 2007.

[ source : http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership/frances-fragos-townsend ]


- Sir Richard Dearlove, membre du comité consultatif de l’UANI

M. Dearlove est l’ancien directeur du MI6, les services secrets britanniques, de 1999 à 2004.

Il a travaillé pour les services secrets britanniques SIS pendant 38 ans et a notamment été en poste à Nairobi, Prague, Paris, Genève et Washington.

[ source : http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership/richard-dearlove ]


- Charles Guthrie, membre du comité consultatif de l’UANI

Général britannique, M. Guthrie a notamment été Chef d’Etat-Major de la Défense de 1997 à 2001.

[ source : http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership/charles-guthrie ]


- Henry Sokolski, membre du comité consultatif de l’UANI

M. Sokolski est un spécialiste des questions liées à la prolifération nucléaire. Il a conseillé la CIA en 1995-1996.

[ source : http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership/henry-sokolski ]


- Wolfgang Schüssel, membre du comité consultatif de l’UANI

Ancien Chancelier d’Autriche (2000 à 2007).

[ source : http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership/wolfgang-schussel ]


- Pauline Neville-Jones, membre du comité consultatif de l’UANI

Ancienne ministre britannique de la Sécurité (2010-2011).

[ source : http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership/baroness-pauline-nevilee-jones ]


- Ana Palacio, membre du comité consultatif de l’UANI

Ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères (2002 à 2006). En 2003, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, Mme Palacio s'est totalement alignée sur la position américaine, en affirmant que la présence d'armes de destruction massive était avérée en Irak et en demandant une intervention militaire.
Elle a également fait partie de la commission pour la libération de la croissance française, présidée par Jacques Attali.
Depuis le 1er juin 2008, elle occupe le poste de directrice internationale et marketing de la société Areva.

[ source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ana_Palacio
et http://www.unitedagainstnucleariran.com/about/leadership/ana-palacio ]

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Etc.

On notera, dans la liste de la page d'accueil du site, que l'équipe dirigeante de l'UANI ne comporte pas de personnalité française.


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4) - MAI 2012 - L'ÉCHEC DE LA MISSION ROCARD EN IRAN
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Le site d'intelligence économique Benjamin Pelletier cité en préambule rappelle qu'une semaine à peine après l’élection de François Hollande une polémique a éclaté en France au sujet d’un voyage effectué en Iran par Michel Rocard.

Ce dernier avait alors déclaré qu’il s’agissait d’une visite « privée » et d’une « initiative personnelle ». Les journaux ont indiqué que l’ancien premier ministre avait rencontré le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akbar Salehi, le négociateur pour le dossier nucléaire, Saïd Jalili, ainsi que le président de la commission des affaires étrangères du Parlement, Alaeddin Boroujerdi.

Michel Rocard aurait donc effectué cette visite pour discuter de la situation géopolitique et du dossier nucléaire. Pourtant, si l'on consulte le site internet d’Iran Khodro, on découvre un article rendant compte de la réunion que Michel Rocard a tenue avec le partenaire local de Peugeot, rencontre qui a d’ailleurs été photographiée :
http://www.ikcopress.com/en/news.aspx?docID=14731

Tribune officielle, drapeaux des pays, responsables d’Iran Khodro, voilà qui donne un caractère particulier à cette visite « privée ». Selon le site internet d’Iran Khodro (IKCO), Michel Rocard aurait déclaré :

« Je ne crois pas que les 7% de participation dans Peugeot acquis par GM vont affecter les relations d’affaires entre Peugeot et IKCO. »

Comme s'interroge justement Benjamin Pelletier, qui a eu l'idée de cette démarche de Michel Rocard ?

Compte tenu de l'âge et des problèmes de santé de l'ancien Premier ministre socialiste, on peut légitimement douter qu'il se soit agi d'une simple « initiative personnelle » comme il l'a expliqué.

Bien plus probablement a-t-il agi sur instruction ; mon expérience des cabinets ministériels m'incite à souscrire à cette hypothèse de l'expert en intelligence économique.

Sur instruction de qui ? Probablement par un mandat officieux du président nouvellement élu, ou du groupe Peugeot lui-même, ou plus probablement encore par un mandat concerté entre Peugeot et l'Élysée.

Quoi qu'il en soit, les décisions annoncées par Peugeot le 12 juillet donnent à penser que la mission de Michel Rocard n'a pas obtenu les résultats escomptés.


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QUEL EST L'IMPACT RÉEL DE LA PERTE DU MARCHÉ IRANIEN ?
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Si la soumission de Peugeot aux manœuvres d'intimidation de l'UANI est désormais avérée, la question n'est pas tout-à-fait claire de savoir quel est l'impact réel de cette décision sur le plan annoncé par Philippe Varin le 12 juillet.

Selon le délégué CGT du site Peugeot d'Aulnay, Jean-Pierre Mercier, c'est bien cet arrêt des activités du groupe en Iran qui serait responsable de ce désastre :

« Pour le premier semestre 2012, on constate une baisse des ventes de 240 000 véhicules par rapport à 2011. Or, ce chiffre comprend les 200 000 véhicules que Peugeot aurait dû vendre en Iran. »

Mais la direction de PSA, si elle reconnaît avoir décidé de cesser ses opérations en Iran, réfute tout lien avec la fermeture d'Aulnay. Elle précise que les opérations avec l'Iran ne touchaient directement que 115 salariés de Vesoul, qui seront tous reclassés en interne.

Pour justifier son plan social, l'entreprise met en avant une toute autre cause : la baisse des ventes en Europe, ce qui ne comprend donc pas l'arrêt de l'activité en Iran.

Selon le porte-parole de PSA, « un tsunami commercial s'est abattu sur le marché européen. Depuis 2007, les ventes de PSA sur le Vieux Continent ont en effet diminué de 23 %. Et cela ne s'est pas arrangé en 2012, avec une baisse de 8 % enregistrée depuis le début de l'année. Notre problème est que 60 % de nos ventes sont concentrées en Europe du Sud, dans des pays frappés de plein fouet par la crise. Le résultat direct est que nos usines en Europe sont sous-utilisées. »

(cf. détails dans l'article http://www.lepoint.fr/economie/l-iran-peut-il-sauver-psa-16-07-2012-1486125_28.php


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CONCLUSION : LA FRANCE PRISE AU PIÈGE
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En définitive, la cause première des déboires de Peugeot est donc à rechercher, selon la CGT ou selon la direction :

- soit dans la perte du marché iranien, du fait de l'alignement complet de la France sur la ligne politique et diplomatique américano-euro-israélienne en la matière ;

- soit dans l'effondrement du marché européen sous l'effet des politiques démentes de la « construction européenne » (démantèlement des réglementations aux échanges, euro non-viable et surévalué, politiques récessionnistes constantes).

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Ainsi donc, que soit l'angle sous lequel on regarde le problème, on en revient au fait que Peugeot - et toute l'industrie française avec elle - sont bien prises au piège de la « mondialisation inévitable » et de la « construction européenne ».

Ayant perdu sa souveraineté et son indépendance, notre pays n'est même plus en mesure de défendre les intérêts de son industrie, et n'est donc plus en mesure de protéger les intérêts de dizaines de milliers de salariés.

Plus que jamais, il est de la plus haute urgence de se rassembler pour faire sortir collectivement la France de l'Union européenne, de l'euro et de l'OTAN. Seule l'UPR le propose.

François ASSELINEAU
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samedi 14 juillet 2012

NON-ASSISTANCE À PEUPLE FRANÇAIS EN DANGER partie 2



LA DESTRUCTION DE NOTRE INDUSTRIE EST LE RÉSULTAT DIRECT DU TRAITÉ DE MAASTRICHT (articles 32 et 63 du TFUE, taux de change de l'euro, pacte budgétaire).

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En photo : Usine PSA-DONGFENG à Wuhan 武汉, dans la province du Hubei (Chine). Le groupe PSA, qui vient de décider de fermer son usine d'Aulnay-sous-bois en 2014, a également décidé en avril dernier de doubler sa production en Chine, en visant l'objectif de 900.000 véhicules en 2014.
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Si toute l'industrie des États-Unis et de l'Europe occidentale s'effondre, à l'exception des entreprises située en quasi-monopole ou sur des créneaux d'excellence, c'est bien qu'il y a des raisons communes à tous ces pays.

Quelles sont ces raisons ?


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LE GRAND SECRET : CE SONT LES CHOIX STRATÉGIQUES DE LA
« MONDIALISATION » ET DE LA « CONSTRUCTION EUROPÉENNE » QUI TUENT L’INDUSTRIE EUROPÉENNE
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M. de La Palice l'aurait dit : si l'industrie en général - et l'industrie automobile en particulier -, se porte mal ou très mal (sauf cas particuliers) en Europe occidentale, c'est tout simplement parce que l'on y a placé les entreprises dans une situation qui n'est pas viable.

Et si la situation n'est pas viable, c'est sous l'effet de 2 choix stratégiques et calamiteux :

1- l'adoption de la politique de démantèlement des réglementations aux échanges, qualifiée de « mondialisation inévitable »

2- l'adoption de l'euro, et des contraintes qui en découlent.


1er CHOIX CRUCIAL :
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L'ADOPTION DE LA POLITIQUE DITE DE « MONDIALISATION INÉVITABLE » PAR LA COMMISSION EUROPÉENNE,
IMPOSÉE IPSO FACTO A LA FRANCE
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Le premier de ces choix stratégiques a été d'adopter la politique dite de « mondialisation inévitable », c'est-à-dire de suppression de la plupart des réglementations aux échanges de capitaux, de marchandises et de services.

Contrairement au bobard monumental qui fut asséné à l’époque à tous les peuples d’Amérique du nord et d’Europe occidentale, cette « mondialisation inévitable » n'avait rien d'inévitable.

Supprimer les réglementations aux échanges de capitaux, de marchandises et de services, cela n'arrive ni par hasard ni en claquant des doigts : il faut que des responsables politiques mènent des tractations internationales ardues pendant des années, de façon réfléchie et préméditée, puis qu'ils prennent, ou fassent prendre, dans la foulée toute une série de décisions régaliennes. Tout cela ne tombe évidemment pas du ciel comme une météorite géante façon "Apocalypse maya".

La « mondialisation inévitable » fut donc une politique délibérée, qui aurait très bien pu ne pas être adoptée. Elle ne l'aurait d'ailleurs pas été si les peuples avaient été dûment et honnêtement informés de ce en quoi elle consistait et de ce qu'en seraient les conséquences fatales.

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Cette politique fut décidée conjointement par les États-Unis d'Amérique et la Commission européenne (au tournant des années 1990-1994.

L'époque n'est pas anodine. Elle correspond au moment où s'est présentée une conjonction de deux événements historiques fondamentaux :

- d'une part, l'effondrement du camp socialiste
Cet effondrement et la liquidation de l'URSS ont été utilisés par les États-Unis à des fins idéologiques (comme la consécration de leur modèle économique) et à des fins politiques et commerciales (comme la justification de l'objectif de libre-échange des capitaux qu'ils poursuivaient depuis plusieurs décennies) ;

- d'autre part, le début d'ouverture de la République Populaire de Chine après le triomphe de la ligne politique et économique des Deng Xiaoping sur celle de Hua Guofeng.
Ce début de retour camouflé de la Chine au capitalisme a permis à l'oligarchie euro-atlantiste d'envisager avec délectation d'utiliser les ressources humaines de cet immense pays pour y transférer massivement l'appareil productif occidental afin d'y bénéficier de coûts de fabrication extraordinairement réduits et de peser sur les revendications sociales en Amérique du nord et en Europe occidentale.

Il faut bien comprendre que le démantèlement des réglementations aux échanges qui a alors été décidé eût été infiniment compliqué à mener si la prétendue « construction européenne » n'avait pas existé.

Car, depuis le traité de Rome de 1957, ce que l'on appelle « la politique commerciale extérieure » (droits de douane, quotas, procédures d'accès aux marchés, etc.) a été (et ce n'est pas un hasard), l'une des toutes premières prérogatives régaliennes que les États signataires avaient transférées à la Commission européenne.

Si la « construction européenne » n'avait pas existé, il aurait donc fallu que les Américains obtinssent l'accord séparé de chacun des 12 pays qui constituaient la CEE en 1990, et des 15 qui constituaient l'UE en 1995. La chose eût été très difficile, sinon impossible.

Mais grâce à la « construction européenne », il suffisait aux Américains de se mettre d'accord avec le Commissaire européen en charge pour régler l'affaire dans ses grandes lignes. C'est d'ailleurs ce qui fut fait.

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Cette politique de « mondialisation inévitable » a été gravée dans le marbre de la construction européenne par le traité de Maastricht signé en décembre 1991 et ratifié en 1992 ; elle a ensuite donné naissance aux Accords de Marrakech du 15 avril 1994, qui a créé l'Organisation Mondiale du Commerce.

Dans le traité de Maastricht (repris depuis lors par le traité sur l'Union européenne (TUE) et le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE)), cette politique figure notamment (pas seulement) dans deux articles essentiels : les articles 63 et 32 du TFUE.

Les auditeurs attentifs de mes conférences connaissent bien ces deux articles puisque je leur en parle souvent (cf. par exemple
http://www.u-p-r.fr/videos/conferences-en-ligne/10-raisons-sortie-de-l-union-europeenne).

Pour les autres, je rappelle les principes essentiels que posent ces deux articles :

« Article 63 du TFUE
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1. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites.
2. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux paiements entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont interdites. »

=> En clair, ces dispositions donnent aux entreprises :

a)- un feu vert général, non contrôlable et non réductible par l'État pour sortir de France tout l'argent qu'elles veulent (puisque « TOUTES LES RESTRICTIONS aux mouvements de capitaux sont INTERDITES »).

b)- un feu vert général, non contrôlable et non réductible par l'État pour aller investir cet argent dans les 26 autres États de l'UE, notamment pour y construire une usine à la place de celle qu'elle compte fermer en France (puisque « toutes les restrictions aux mouvements de capitaux ENTRE LES ÉTATS MEMBRES sont interdites »).

c)- un feu vert général, non contrôlable et non réductible par l'État pour aller investir cet argent dans les 170 autres États de la planète, par exemple en Chine, en Inde, en Asie du sud-est, etc., notamment pour y construire une usine à la place de celle qu'elle compte fermer en France (puisque « toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les États membres ET LES PAYS TIERS sont interdites »).

« Article 32 du TFUE
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Dans l'exercice des missions qui lui sont confiées au titre du présent chapitre, la Commission s'inspire:
a) de la nécessité de promouvoir les échanges commerciaux entre les États membres et les pays tiers,
b) de l'évolution des conditions de concurrence à l'intérieur de l'Union, dans la mesure où cette évolution aura pour effet d'accroître la force compétitive des entreprises,
d) de la nécessité d'éviter des troubles sérieux dans la vie économique des États membres et d'assurer un développement rationnel de la production et une expansion de la consommation dans l'Union. »

=> En clair, ces dispositions donnent aux entreprises un cadre général extrêmement favorable, et non réductible par un seul État, pour importer les productions - y compris les leurs - faites dans des pays tiers à très bas coûts de salaires, par exemple en Chine, dans le sous-continent indien, ou en Asie du sud-est. (du fait de la prétendue « NÉCESSITÉ DE PROMOUVOIR LES ÉCHANGES COMMERCIAUX entre les États membres et les PAYS TIERS. »


==> En bref, les dispositions des articles 63 et 32 du TFUE permettent à toutes les entreprises sises dans un pays de l'UE :
- de fermer leurs usines dans le pays d'Europe où elles en possèdent,
- de procéder à des transferts massifs de capitaux pour ouvrir des usines de remplacement dans tous les autres pays du monde,
- et de rapatrier dans leur pays d'origine leurs propres productions fabriquées à très bas coûts. (Les entreprises situées aux États Unis bénéficient de dispositions comparables pour ce qui les concerne)

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J'insiste ici sur un aspect fondamental : c'est que ces dispositions qui donnent aux entreprises - et donc à leurs actionnaires - les mains totalement libres n'existaient pas pendant toutes les décennies antérieures qui ont vu fleurir les grandes industries françaises.

Par exemple, pendant la période dite des "Trente Glorieuses" allant en gros de 1945 à 1975, qui vit une croissance à peu près ininterrompue de l'industrialisation et de la prospérité des Français :

=> une entreprise française n'avait tout simplement pas le droit de transférer librement à l'étranger des capitaux d'un montant significatif.
Si elle souhaitait le faire, par exemple dans le but d'acheter ou de construire une usine, il lui fallait obtenir l'autorisation du ministère français de l'économie et des finances.
Lequel étudiait alors de près le dossier, examinait notamment les avantages et les inconvénients en termes d'emplois, de savoir-faire et de commerce extérieur, et décidait en définitive d'accepter ou de refuser le transfert des capitaux.
C'est ce que l'on appelait le "contrôle des mouvements de capitaux".

=> de la même façon, une entreprise étrangère n'avait pas non plus le droit de faire venir en France des capitaux étrangers d'un montant significatif.
Si elle souhaitait le faire, par exemple dans le but d'acheter une entreprise française ou de construire une usine, il lui fallait également obtenir l'autorisation du ministère français de l'économie et des finances. Lequel étudiait de près le dossier et pouvait accepter ou refuser, comme dans le cas précédent.

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En d'autres termes, la plupart des délocalisations industrielles étaient rendues impossibles par le système de réglementation qui préexistait au traité de Maastricht.

Et si la France et les Français assistent depuis deux décennies à l'effondrement de l'industrie française, et des emplois qui vont avec, c'est une conséquence directe du traité de Maastricht, désormais articles 63 et 32 du TFUE, donc une conséquence directe de la prétendue « construction européenne ».

De la même façon, si la France et les Français assistent depuis deux décennies au rachat de pans entiers de leur industrie, de nombreuses entreprises de services, de certains de leurs services publics privatisés et de leur patrimoine immobilier, par des fonds de pension américains ou des fonds d'investissement du Qatar, etc., c'est également une conséquence directe du traité de Maastricht, (désormais codifiés dans les articles 63 et 32 du TFUE), donc une conséquence directe de la prétendue « construction européenne ».

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Ce qu'il faut bien comprendre, pour clore cette partie, c'est que les entreprises occidentales ne peuvent pas rester vertueuses avec un tel système.

Car il suffit qu'une seule entreprise délocalise massivement ses activités dans un pays à très bas coûts de salaires, de charges sociales et de contraintes environnementales pour qu'elle bénéficie d'un avantage comparatif souvent décisif par rapport aux entreprises qui n'ont pas délocalisé. Obligeant ainsi ces dernières à faire de même, sauf à disparaître.

2ème CHOIX CRUCIAL :
L'EURO
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Comme si les dispositions précédentes ne suffisaient pas à motiver des délocalisations torrentielles des usines de France vers des pays à très bas coûts de salaires et de charges sociales, il s'y est ajouté un autre facteur très aggravant : l'adoption de la monnaie commune européenne, pour les pays de l'UE qui ont fait ce choix calamiteux. Dont la France.

Je n'ai pas la place de revenir ici longuement sur les problèmes multiformes posés par l'euro et qui conduiront, de façon certaine, à son explosion, comme ont toujours explosé toutes les monnaies plurinationales de l'Histoire. La seule incertitude qui existe concerne la durée de survie de l'euro : quelques mois ? quelques semestres ? quelques années ?

En revanche, et pour l'objet de cet article, je signalerai que l'euro a au moins 2 effets tragiques pour nos entreprises :

a)- un taux de change externe excessif
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Comme je le montre, graphiques à l'appui, dans mes conférences sur l'euro, chaque économie a une compétitivité différente. Cela dépend évidemment de chaque branche et de chaque entreprise mais, prise globalement, l'économie française n'a pas la même compétitivité que l'économie allemande, ou que l'économie espagnole, ou que l'économie finlandaise, etc.

Or, le taux de change externe d'une monnaie, qui est le facteur qui permet de corriger les déficits ou les excédents de compétitivité, est désormais commun à toutes les économies de la zone euro.

Depuis 2003 qu'il a commencé à dépasser largement le taux de change 1 EURO = 1 DOLLAR, le taux de change de l'euro est devenu trop élevé pour les économies de plusieurs pays de la zone, mais pas pour tous. Si globalement l'économie allemande a bien résisté à un taux de change externe de 1,2, ou 1,3, ou 1,4, ou même 1,5 dollar pour 1 euro, il n'en a pas été de même pour les économies des pays du sud.

Face à un taux de change externe aussi élevé, de nombreuses entreprises françaises ont donc été contraintes de délocaliser leurs productions en dehors de la zone euro.

Ce n'est pas moi , mais Louis Gallois, président d'EADS, qui tirait ainsi la sonnette d'alarme dans un entretien accordé au Figaro le 27 mars 2008 :
« Une baisse du dollar de 10 cents fait perdre 1 milliard d’euros à Airbus. L'euro à son niveau actuel est en train d'asphyxier une bonne partie de l'industrie européenne en laminant ses marges à l'exportation. Si cela continue, l'industrie européenne fuira l'Europe ».

Or, même si le taux de change de l'euro, qui avait atteint un sommet à la mi-2008 à 1 € = 1,58 $, s'est notablement déprécié depuis lors, il n'en reste pas moins, à 1 € = 1,22 $, encore trop élevé pour une partie significative des industries de l'Europe du sud, surtout celles exposées à des marchés mondiaux très concurrentiels, comme c'est le cas de l'automobile.

Depuis que Louis Gallois avait formulé cette mise en garde voici plus de 4 ans, et pour reprendre son expression, l'industrie a continué, à « fuir l'Europe ».

Merci l'euro !

b)- les plans de rigueur à répétition, qui n'ont pour effet que d'entretenir une récession permanente
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Enfin, dernier clou dans le cercueil de nos usines moribondes,
la volonté d'assurer prétendument la viabilité de l'euro, puis les tentatives désespérées de le sauver contre vents et marées, ont conduit les (ir)responsables politiques européens à adopter depuis plus de dix ans une politique économique à proprement parler démente.

Oubliant complètement les enseignements de Keynes, qui expliquait qu'il n'y avait rien de pire que de couper dans les dépenses publiques en période de récession, car on aggravait alors le déficit public que l'on prétendait combler, la Commission européenne et les dirigeants de l'UE ont continuellement exigé des coupes sombres dans les dépenses publiques, et continuent d'ailleurs de le faire de plus belle.

Cette idée est absurde à tous les égards :

- d'une part, les 20 ans écoulés depuis le traité de Maastricht et les 13 ans écoulés depuis l'introduction effective de l'euro dans les échanges interbancaires ont prouvé que, plus l'on taille dans les dépenses publiques et plus... le déficit s'accroît. C'est exactement ce qu'enseignait Keynes, et ce que ne veulent pas voir nos dirigeants.

- d'autre part, cette politique vise une chimère : celle qui consisterait à rembourser un jour les dettes publiques pharaoniques que pratiquement tous les pays occidentaux ne cessent d'accumuler. Or tous les spécialistes savent (et avouent à l'écart des micros et caméras) qu'il sera de toute façon impossible de rembourser ces dettes puisque c'est le principe même de la création monétaire, injustement confiée exclusivement aux banques privées, qui est à l'origine de cette dette publique exponentielle.
Pour parler net, la solution de la dette publique ne pourra passer que par une remise en cause des formes de la création monétaire, et certainement pas par une diminution constante des dépenses publiques.

-enfin, cette politique de dingos a conduit l'ensemble de l'Europe de l'ouest à devenir la lanterne rouge de la croissance mondiale. Tous les pays d'Europe de l'ouest s'enfoncent dans une récession sans fin depuis plus de 12 ans.

Il est on ne peut plus logique que les entreprises désinvestissent et ferment leurs usines dans une telle zone en perdition économique.

De nouveau, merci l'euro !

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CONCLUSION : C'EST BIEN LA « CONSTRUCTION EUROPÉENNE » QUI TUE L’INDUSTRIE EUROPÉENNE
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Quelle est donc la conclusion de tout ceci ? C'est celle que nous avons sous les yeux, et dont le sinistre industriel de PSA - mais aussi celui d'Opel - apparaissent comme des allégories :

1)- le dogme européiste et celui de la « mondialisation inévitable » ont retiré à nos entreprises la protection de leurs marchés intérieurs, protection qui les préservait de la concurrence insoutenable de pays à très bas coûts de salaires et de charges,

M. Stracke, qui a démissionné de ses deux postes de président d'Opel et de General Motors Europe le même jour que celui de l'annonce de PSA, l'avait confié sans ambages au magazine LUnisne Nouvelle :
« GM a adopté depuis 25 ans une stratégie au rabais, de réduction des coûts. Face à des pays comme la Chine et la Corée du Sud, cette stratégie low-cost ne fonctionne pas ».
[source : http://www.usinenouvelle.com/article/karl-friedrich-stracke-quitte-opel.N178729]


2)- les traités européens ont donné par ailleurs aux entreprises européennes un feu vert total pour qu'elles aillent s'installer ailleurs,


3)- logiques et non pas suicidaires, les dirigeants d'entreprises - confrontés de surcroît aux exigences de leurs actionnaires - ne peuvent qu'être conduits à délocaliser leurs activités dans les pays à très bas coûts de salaires et de charges. Pourquoi ne le feraient-ils pas puisque, sauf cas de monopole ou de stratégie "de niche", c'est la seule possibilité pour eux de rétablir les conditions de concurrence dans lesquelles elles évoluent ?


4)- cette nécessité de se délocaliser est rendue encore plus vitale pour les usines situées dans les pays de la zone euro, puisque le taux de change externe de l'euro, très excessif depuis une dizaine d'années, y rend les productions encore moins compétitives sur les marchés mondiaux.


5)- cette nécessité de se délocaliser est rendu encore plus urgente par le fait que les marchés européens sont en plein marasme, du fait d'une récession lancinante entretenue par des plans de rigueur drastiques à répétition depuis au moins 12 ans. Et que les nouveaux plans de "sauvetage" exigés en Grèce, en Espagne, en Italie, vont encore plomber davantage la récession générale !


6)- enfin, s'agissant des entreprises automobiles, la volonté de l'État de faire rentrer coûte que coûte de l'argent dans ses caisses, et la volonté des grandes villes de réduire l'usage de la voiture, ont conduit à transformer les conducteurs en de véritables vaches à lait pour le fisc : le prix des vignettes est de plus en plus cher, le prix de l'essence - qui comporte quelque 75% de taxes - s'envole, les amendes de stationnement explosent dans les grandes villes, les amendes routières aussi du fait de la multiplication des radars routiers, etc. etc.

La conséquence en est que de plus en plus de gens réduisent leur consommation automobile dans les pays d'Europe occidentale. C'est un aspect certainement positif en matière de lutte contre la pollution. Mais cela contribue encore davantage à mettre en péril l'une des principales industries pourvoyeuses d'emplois en France.


Dans ces conditions, la conclusion s'impose d'elle-même.

Pour justifier sa décision annoncée le 12 juillet, le groupe PSA a fait savoir qu'il était « très affecté par la baisse des marchés automobiles européens ». Et dans son communiqué transmis à la presse, le président du directoire de PSA, Philippe Varin, a enfoncé le clou :

« L'ampleur et le caractère durable de la crise qui affecte notre activité en Europe rendent désormais indispensable ce projet de réorganisation qui nous permet de dimensionner notre capacité de production à l'évolution prévisible des marchés. »

On ne saurait mieux dire que l'Europe est LE problème de PSA.


LE SALUT PAR LA CHINE ?
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On notera pour terminer que l'annonce du plan présenté par PSA de suppression de 8.000 emplois et de fermeture de l'usine d'Aulnay dans les 2 ans est à mettre en parallèle avec l'annonce, qu'avait faite le même groupe PSA il y a moins de 3 mois, sur ses perspectives en Chine.

Le 24 avril 2012, le groupe français avait en effet dévoilé au journal La Tribune (repris par le magazine AUTO PLUS) sa volonté d'accroître substantiellement son expansion sur le marché chinois. Les objectifs de PSA en Chine sont :

- d'y vendre 480.000 véhicules cette année contre 404.000 en 2011.

- d'y fabriquer rapidement de nouveaux modèles. Une berline compacte à coffre, probablement sur base de C4 rallongée, et une autre compacte d'entrée de gamme seront produites en Chine, et leur lancement est attendu pour 2013.

- par ailleurs, la première DS entièrement fabriquée en Chine, la DS5, sera commercialisée au second semestre 2013

- à partir de 2014, Citroën fabriquera également une berline compacte inédite à coffre, un 4x4 et une grosse berline.

- à terme, PSA ambitionne de doubler sa production totale en Chine pour s'approcher des 900.000 exemplaires d'ici à 2 ans.

[source : http://news.autoplus.fr/news/1454395/Chine-Usine-Wuhan-Citroen-C4]

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En résumé :

==> D'un côté : suppression de 8.000 emplois en France et fermeture de l'usine d'Aulnay en 2014, avec des dizaines de milliers d'emplois sous traitants menacés chez les sous-traitants, et une perte terrible de notre savoir faire industriel. Le tout dans un contexte économique, français et européen, catastrophique, et dans une ambiance sociale, politique et morale crépusculaire sur tout le continent.

== >De l'autre côté : multiplication des nouveaux véhicules fabriqués en Chine, et doublement d'ici à 2 ans de la production de PSA en Chine, avec 900.000 exemplaires. Le tout dans un contexte économique en pleine croissance et l'ascension irrésistible de la Chine au rang de 1ère puissance mondiale.


Sacré bilan du traité de Maastricht, 20 ans après, non ?


François ASSELINEAU


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LA SUITE ET FIN DE CE LONG ARTICLE (PARTIE 3)
SERA MISE EN LIGNE DANS LES PROCHAINES HEURES :

PARTIE 3 :
L'ENSEMBLE DE LA CLASSE POLITIQUE, DES SYNDICATS ET DES MÉDIAS SE RENDENT COMPLICES DE NOTRE RUINE.
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NON-ASSISTANCE À PEUPLE FRANÇAIS EN DANGER : PSA SUPPRIME 8.000 EMPLOIS ET FERME SON USINE D'AULNAY

PARTIE 1 : TACTIQUE DE COMMUNICATION, CACHE-MISÈRE SOCIAUX ET EFFONDREMENT INDUSTRIEL EUROPÉEN

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En photo :
- à gauche : Karl-Friedrich Stracke, Président du groupe automobile allemand Opel, a annoncé sa démission le 12 juillet 2012 du fait de son incapacité à redresser la grave situation financière d'Opel.
- à droite : Philippe Varin du groupe automobile français PSA, a annoncé le 12 juillet 2012 la suppression de 8.000 emplois et la fermeture dans 2 ans de l'usine d'Aulnay pour tenter de redresser la grave situation financière de Peugeot-Citroën.

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Le constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën vient d'annoncer ce 12 juillet la suppression de 8.000 emplois en France et l'arrêt en 2014 de la production dans son usine d'Aulnay-sous-Bois, près de Paris, qui emploie 3.000 salariés.

http://www.romandie.com/news/n/PSA_sacrifie_Aulnay_et_provoque_un_choc_en_supprimant_8000_postes_synthese53120720121255.asp

Ni le gouvernement, ni bien sûr l'entreprise, n'ont été pris au dépourvu par l'annonce de ce sinistre industriel de première magnitude. Il était en effet prévu de longue date. La preuve irréfutable en est que j'en avais moi-même parlé dans un entretien vidéo le 4 juin dernier, c'est-à-dire il y a 5 semaines, sur la foi des indiscrétions qui en avaient fait état dans la presse :http://www.dailymotion.com/video/xrfhv5_entrevue-de-francois-asselineau-du-04-juin-2012_news?start=0

Au cours des 5 semaines écoulées, qu'a donc fait le gouvernement et son désormais fameux « ministre du redressement productif », M. Arnaud Montebourg ?

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UNE DATE CHOISIE AVEC SOIN
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Connaissant bien, de l'intérieur, la haute administration et les cabinets ministériels, j'affirme sans grand risque de me tromper que la principale préoccupation de MM. Hollande, Ayrault et Montebourg au cours de ces 5 semaines n'a pas été, un instant, de réfléchir sérieusement à empêcher ce cataclysme, pas plus que de s'interroger en profondeur sur ses causes, et encore moins d'adopter une réflexion stratégique pour que d'autres sinistres industriels ne se reproduisent pas.

Non, la seule et unique préoccupation a certainement été de parvenir à « gérer au mieux l'annonce » du désastre.

Annoncer des licenciements en masse avant le 2ème tour des législatives ? Il n'en était évidemment pas question ! Cela aurait fait désordre alors que la propagande en était encore à faire gober au bon peuple que « le changement c'est maintenant ».

Les annoncer au cours de la seconde quinzaine de juin ou de la première quinzaine de juillet ? C'était délicat car les électeurs auraient remarqué que l'annonce avait été suspendue à la fin du cycle électoral. Et puis il fallait laisser passer le Sommet du G8 de Camp David et la rafale de "Sommets-européens-de-la-dernière-chance" pour permettre à M. Hollande de fanfaronner en affirmant sottement qu'il avait su faire « plier » Mme Merkel sur la question de la relance.

Après le 15 juillet ? La ficelle eût été un peu trop grosse et les électeurs auraient compris que l'on profitait des vacances d'été pour annoncer ce désastre en catimini. Et puis, tant d'autres sinistres sont à venir que l'on ne peut pas non plus trop attendre, sauf à tous les accumuler à la rentrée sociale de septembre.

En bref, le gouvernement et la direction générale de PSA ont dû passer une partie importante des 5 semaines écoulées... à se mettre d'accord sur la date.

Et l'on a dû convenir en haut lieu que le 12 juillet serait idoine : ni trop tôt, ni trop tard, juste avant le ralentissement estival qui commence à la mi-juillet. Parfait pour causer le moins de protestations sociales sur le coup.


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GOUVERNEMENT ET ENTREPRISE ADOPTENT LA TACTIQUE
DE LA « CELLULE D'ÉCOUTE PSYCHOLOGIQUE »
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En parallèle avec le choix de la date, les conseillers en communication et les « spin doctors » (manipulateurs d'opinion) qui hantent les antichambres ministérielles et les directions générales des grands groupes industriels et financiers ont dû cogiter de concert pour bâtir une « stratégie de com' » appropriée.

La réponse habituelle de ces faiseurs d'opinion est orchestrée comme un ballet à trois temps :

1- on feint la stupéfaction devant l'annonce (alors que cela fait 3 mois que l'on travaille dessus).

2- on simule la compassion, en tenant des propos lénifiants à forte teneur psychologique, dans le seul objectif de faire passer la pilule aux Français pendant 48 heures.

3- on annonce d'un air martial que personne ne restera sur le carreau.

Ceux qui ont de la mémoire se rappelleront que cette valse à trois temps a par exemple été jouée récemment lors du sinistre industriel Lejaby. Avec Sarkozy, Fillon et Besson dans le rôle des musiciens emperruqués de l'orchestre de chambre.

Les mêmes méthodes de manipulation produisant les mêmes effets, il ne faut donc pas s'étonner que la réaction du gouvernement a ressemblé comme deux gouttes d'eau à celle des gouvernements « de droite » et « de gauche » qui se sont succédé en France depuis 20 ans qu'a été ratifié le traité de Maastricht.

On a accordé aux électeurs la faculté de changer les musiciens mais la musique reste la même, avec le nouveau trio Hollande-Ayrault-Montebourg.

Les agences de presse ont signalé comme un fait digne de l'Histoire de France que le président de la République, François Hollande, venait de faire part à Jean-Marc Ayrault et à Arnaud Montebourg de « sa vive préoccupation ». Sic. Il est exact que c'est toujours mieux que s'il avait fait part de sa « grande joie ».
M. Hollande leur a par ailleurs « demandé de tout mettre en œuvre afin de limiter les conséquences sociales de ce plan ». Nous voilà rassurés !

M. Jean-Marc Ayrault - qui usurpe la fonction de "Premier ministre" plus qu'il ne l'exerce, puisque il n'ad-"ministre" de facto à peu près plus rien -, a brodé sur les mêmes thèmes, en tenant les propos, non pas d'un chef de gouvernement, mais d'un psychologue à l'écoute : il a évoqué « un véritable choc » pour l'industrie et « les territoires affectés par ces projets [de fermeture] ». Il a demandé à PSA de « mener une concertation loyale avec les partenaires sociaux », et cela afin d'étudier « toutes les alternatives ». Bla, bla, bla, en somme.

Et dès hier, le fameux « ministre du Redressement productif », Arnaud Montebourg, avait affirmé « redouter un choc pour la nation », montrant par là toute l'étendue de son pouvoir....

Philippe Varin, le patron du groupe PSA, a donné sans vergogne dans ce même registre plaintif, copié-collé des "cellules d'écoute" mises sur pied par les compagnies aériennes dans les aéroports pour "accompagner psychologiquement" les familles endeuillées après un accident d'avion.

Il a réuni la presse pour dire avec un air de chattemite qu'il
« mesure pleinement la gravité des annonces faites aujourd'hui ainsi que le choc et l'émotion qu'elles provoquent dans l'entreprise et dans son environnement ». Pour un peu, on se prendrait à le plaindre aussi, en oubliant que c'est quand même lui l'auteur de ces décisions calamiteuses.


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LES HABITUELS CACHE-MISÈRE SOCIAUX
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On imagine, bien sûr, que le gouvernement va tenter de camoufler le désastre et de prendre en charge les laissés-pour-compte.

Des mises à la retraite anticipées, des perspectives de « reclassements », des promesses de « pécule pour devenir auto-entrepreneur » et des programmes de « stage de formation-reconversion » seront certainement annoncés en grandes pompes dans les jours, les semaines et les mois qui viennent. Ces cache-misère sociaux font toujours partie intégrante du plan de communication.

Un peu comme un meurtrier en série qui réclamerait son acquittement en présentant au jury d'assises un plan de relance de la natalité, le patron de PSA a d'ailleurs eu le culot d'assurer lui-même, dans un communiqué publié dès aujourd'hui, qu'il voulait « travailler à la revitalisation » du site d'Aulnay.

Il a aussi assuré que des reclassements de postes seraient offerts à 1.500 salariés en interne à l'entreprise, et à 1.500 salariés en externe, probablement chez des sous-traitants.

La Commission européenne, qui avait aussi été mise au parfum et qui a dû juger opportun de se sentir concernée, s'est jointe au chœur des pleureuses en se disant « prête à examiner avec les autorités françaises des demandes de soutien à l'emploi ».

Cette sollicitude touchante a été formulée par M. Jonathan Todd, porte-parole britannique du commissaire européen hongrois chargé de l'Emploi, M. Laszlo Andor.

Mais elle ne doit surtout pas susciter des espoirs féériques : tout au plus M. Todd a-t-il « évoqué » une formation pour aider les personnes licenciées à « trouver un nouveau travail ». En revanche, il a estimé qu'il est « trop tôt pour dire si les critères du Fonds de mondialisation (fonds européen de 500 millions d'euros qui apporte une aide aux travailleurs touchés par la mondialisation) s'appliqueraient ou pas. Il faudrait que les autorités françaises prouvent que les licenciements étaient dus aux effets de la mondialisation. »

Pour faire court, la France n'aura sans doute aucun fonds, alors même qu'elle verse bien plus à l'UE qu'elle n'en reçoit.

Enfin, ce soir du 12 juillet, on apprenait que M. Montebourg a fait les gros yeux en déclarant au Sénat : « Nous n'acceptons pas en l'état le plan !» Bigre !

Mais que peut-il faire concrètement puisque l'État, n'étant pas actionnaire de PSA comme il l'est de Renault, n'a aucune marge de manœuvre pour obliger Peugeot à changer de décision ?

Et du reste, même si l'État était actionnaire de PSA comme dans Renault, comment pourrait-il injecter des sommes colossales dans l'entreprise en difficultés financières alors que quasiment toute forme d'aide de ce type est interdit par la Commission européenne, et que celle-ci presse par ailleurs l'État de tailler de façon drastique dans toutes ses dépenses ?

C'est pourquoi le ton martial d'Arnaud Montebourg relève du registre de la commedia dell'arte. Très concrètement, on apprenait ce soir que le « ministre du Redressement productif » a... nommé un expert, Emmanuel Sartorius, qui doit examiner la situation financière du groupe privé.

Pressé de dire ce qu'il allait faire d'autre à part nommer ce Professeur Sartorius, Arnaud Montebourg a affirmé devant les sénateurs : « Nous allons demander à PSA d'abord de justifier la situation qui est celle-ci et ensuite d'ouvrir un dialogue social que le Premier ministre a exigé comme étant exemplaire. Nous demandons à PSA d'examiner loyalement toutes les autres solutions que celles qu'il a réservées à plusieurs sites de France et notamment à ces milliers de salariés concernés ».

En bref, rien.
Rien de plus que ce que l'on sait déjà.


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LA LOI DU SILENCE SUR LES RAISONS DE L'EFFONDREMENT
DE L'INDUSTRIE FRANÇAISE
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Comme je l'ai déjà souligné en préambule, ce qui est, au fond, le plus extraordinaire dans toute cette histoire, c'est que personne ne vient expliquer publiquement devant les Français :

- ni les causes profondes de ce sinistre industriel,

- ni en quoi il s'inscrit dans une longue suite de sinistres du même genre, dans tous les secteurs de notre industrie,

- ni les choix stratégiques qu'il faudrait faire pour que cette évolution catastrophique ne se produise plus.

Sous l'effet d'une sorte de lâche consensus, tout le monde admis à s'exprimer dans les grands médias présente ainsi la suppression de 8.000 emplois d'un coup et la fermeture de l'usine Citroën d'Aulnay comme si c'était, soit un pur hasard, soit le fruit d'une mauvaise gestion de la part des équipes dirigeantes de l'entreprise.

Je me garderais bien, quant à moi, de participer à cette présentation des choses. Car, ainsi que je le rappelais dans ma vidéo du 5 juin, le désastre de l'industrie française touche trop d'entreprises différentes, dans trop de secteurs différents, pour que l'on puisse honnêtement en faire reporter la responsabilité sur chacun des dirigeants de chacune des entreprises.
(cf. http://www.dailymotion.com/video/xrfhv5_entrevue-de-francois-asselineau-du-04-juin-2012_news?start=0

Si la France perd environ 800 emplois industriels par jour ouvrable depuis au moins une dizaine d'années, ce n'est ni par hasard, ni sous l'effet d'une incompétence totale qui frapperait indistinctement tous les dirigeants d'entreprises françaises.


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L'EFFONDREMENT DE L'INDUSTRIE TOUCHE TOUTE L'EUROPE OCCIDENTALE
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En outre, le phénomène n'est nullement limité à la France. L'industrie subit également une Bérézina aux États-Unis et dans la plupart des pays d'Europe occidentale : Italie, Grèce, Espagne, Portugal....

Même en Allemagne, la situation n'est pas si rose qu'on le croit. Preuve en est que l'on a appris, aujourd'hui même 12 juillet, que Karl-Friedrich Stracke, le patron du constructeur automobile allemand Opel, filiale de l'américain General Motors, également président de General Motors Europe, venait de démissionner de ces deux fonctions.

M. Stracke, qui n'était à la tête d'Opel que depuis 15 mois (en avril 2011) et qui n'avait pris la tête de GM Europe qu'il y a 7 mois (en janvier de cette année), a jeté l'éponge devant la tâche qu'il juge insurmontable de redresser Opel, qui est aux prises depuis des années avec des difficultés financières croissantes. Sa part de marché en Europe ne cesse de fondre -atteignant 7,2% en mai contre 7,6% un an plus tôt-, à l'instar de ses ventes, en recul de 12,6% en mai sur douze mois.

Fin juin, le conseil de surveillance d'Opel avait pourtant validé les nouvelles orientations grâce auxquelles l'entreprise espère relever la tête. Ce sont les mêmes que PSA : réduction des coûts, repositionnement de la marque et délocalisation hors d'Europe.

http://www.usinenouvelle.com/article/karl-friedrich-stracke-quitte-opel.N178729

Si toute l'industrie des États-Unis et de l'Europe occidentale s'effondre, à l'exception des entreprises située en quasi-monopole ou sur des créneaux d'excellence, c'est bien qu'il y a des raisons communes à tous ces pays.

Quelles sont ces raisons ?

FA

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LA SUITE DE CE LONG ARTICLE (PARTIE 2)
SERA MISE EN LIGNE DANS LES PROCHAINES HEURES :

PARTIE 2 : L'ENSEMBLE DE LA CLASSE POLITIQUE ET DES SYNDICATS SE RENDENT COMPLICES DE NOTRE RUINE.
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jeudi 14 juin 2012

Serait-il responsable de sortir de l'Union Européenne ?

http://www.youtube.com/watch?v=F0BFHWwH_I8&feature=share

Institutionnalisation, obligation constitutionnelle du chômage de masse !

Institutionnalisation, obligation constitutionnelle du chômage de masse !


Haïssable ! Sujet de révolution !


> Par le mécanisme de l'Union Européenne, les états, sont mis en servitude !

Tout le contraire de l'intérêt général, un trahison, un sabordage absolu !


On s'est fait enfumer ! C'est une trahison absolue !

"Les mots ont un sens ! ... ou pas ?"